Quels sont les premiers signes de la maladie ? Comment les reconnaître ? Comment retarder son apparition ? Quels sont les facteurs qui prédisposent ?

La maladie d'Alzheimer
La maladie d'Alzheimer © Getty / slowgogo

Maladie neurodégénérative qui touche 900 000 de Français, la maladie d’Alzheimer peut avancer masquée pendant 20 ou 30 ans. Dans L’émission Grand bien vous fasse, Ali Rebeihi, entouré d’un neurologue, Stéphane Epelbaum, d’un écrivain, Benoit Duteurtre, auteur de Livre pour adultes dans lequel il évoque la fin de vie de sa mère atteinte de la maladie, et d’une psychologue, Judith Mollard, intervenante à France Alzheimer, a fait le point sur nos connaissances sur la maladie.

Comment définir la maladie d'Alzheimer ?

Identifiée par Alois Alzheimer, c’est une maladie neurologique. Cette maladie correspond à l’accumulation de deux types de lésions : amyloïdes, et celles lié à l’accumulation d’une autre protéine qui s’appelle tau dans le cerveau. Elle est dégénérative : elle évolue progressivement sur plusieurs années, voire décennies. Elle altère en priorité la mémoire, en particulier la mémoire épisodique, celle des événements récents de la vie, comme le menu du dîner de la veille. Et elle va ensuite altérer les autres grandes fonctions cognitives : le langage, la gestuelle, le raisonnement…

Benoit Duteutre :

Je m’en suis rendu compte parce que son comportement était différent. Ensuite sont apparu les autres symptômes : l’étourderie, les pertes de mémoire. On a mis ça sur le compte de sa fantaisie. Il a fallu que les choses s’aggravent pour que l’on pense à Alzheimer.

La maladie d'Alzheimer
La maladie d'Alzheimer © Visactu / Visactu

Les symptômes de la maladie d’Alzheimer

La personne va mettre des stratégies pour faire face, et cacher à son entourage ses difficultés (l’anosognosie : difficultés à reconnaître ses troubles). Mais un jour, il y a quelque chose qui alerte l’entourage qui ne reconnait plus la personne et qui doit l’encourager à faire faire un diagnostic.

Outre la perte de la mémoire, les autres signes :

  • La désorientation dans l’espace et dans le temps.
  • Les troubles du langage avec ce qu’on appelle des difficultés lexicales (orthographe) et sémantiques.
  • Le changement de personnalité : c’est une maladie qui, très tôt, a une incidence sur la communication, et sur la qualité de la relation avec ses proches. On constate parfois des formes de désinhibitions : le malade exprime plus naturellement sa colère, son irritabilité ou sa joie, ce qui modifie les relations, et entraîne des conflits, ou des heurts. D’où la nécessité de former les aidants familiaux pour lui laisser le temps de s’adapter à ces changements et ne pas croire que la personne le fait exprès. France Alzeimer propose des formations gratuites.
  • L’apathie : manque de motivation, la personne reste assise toute la journée.

Un des tests utilisés par les médecins pour diagnostiquer la maladie : le « rappel libre ».

On fait apprendre à la personne que l’on soupçonne d’être atteinte une liste de 16 mots avec à chaque mot, un indice d’une catégorie particulière. Par exemple, le mot « hareng » et « poisson ». Ce qui permet de faire retenir le mot et le moyen de le retrouver. Dans le vieillissement normal, c’est surtout la récupération spontanée qui est altérée. Et quand on donne un indice, cela permet de récupérer le mot. Mais avec la maladie d’Alzeimer, malgré l’indice, on ne récupère pas ce mot.

Johanna, auditrice, qui témoigne :

Pour ma sœur, ce qui nous a alertés, ce sont les conséquences de ses oublis au quotidien. Elle faisait plusieurs fois les même courses, oubliant ce qu’elle venait d’acheter.

Ce sont les proches, qui vivent avec la personne au quotidien qui vont s’en rendre compte, qui vont mieux se rendre compte des changements de comportement. Et c’est assez douloureux pour eux de ne pas être crus par les personnes plus éloignées.

Est-ce héréditaire ?

Non. C’est une maladie multi-factorielle. Dans 1% des cas, il y a une mutation qui se transmet avec un risque d’une probabilité sur deux aux descendants, c’est dans le cas de la maladie apparue avant 60 ans. Mais dans 99% des cas, elle ne l’est pas.

Existe-t-il des moyens de freiner l'apparition de la maladie ?

L’exercice physique pourrait contribuer à retarder l’apparition des symptômes. Il permet de développer les réseaux de vaisseaux sanguins présents dans le cerveau, donc cela contribue à ce que le cerveau soit mieux nourri. Mais aussi, plus surprenant : l’exercice physique favoriserait également la création de neurones. Et ces nouveaux neurones se développeraient en particulier dans l’hippocampe, région du cerveau essentielle pour l’apprentissage.

Tout au long de sa vie, il faut faire fonctionner son cerveau, et veiller à son alimentation (privilégier le régime méditerranéen), son sommeil et son niveau de stress.

Les facteurs qui prédisposent ?

Selon une étude d’un neurologue au centre de la mémoire à l’Université de Californie à San Francisco quelques éléments prédisposeraient à la maladie d'Alzheimer :

  • L’obésité
  • Le tabagisme actif
  • Dépression
  • Le niveau d’éducation
  • Le diabète de type II
  • L’hypertension artérielle
  • L’utilisation d’antidepresseur à base de Benzodiazepine

Une fois diagnostiqué que se passe-t-il ?

On ne peut pas ralentir la maladie. Mais on met en place des aides à la personne.

►►►(Ré)écouter le zoom de la rédaction de France Inter consacré à une expérience de malades d'Alzheimer qui cohabitent et partagent les soins.

Écouter l'émission Grand Bien vous fasse consacrée à la maladie d'Alzheimer

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