La sonde TGO a bien été placée en orbite autour de Mars et l'engin Schiaparelli a bien touché le sol de la planète rouge mercredi soir, mais il ne donne plus de nouvelles depuis.

Schiaparelli ne donne plus de nouvelles depuis qu'il a "touché le sol" de Mars
Schiaparelli ne donne plus de nouvelles depuis qu'il a "touché le sol" de Mars © AFP / THOMAS KIENZLE

L'Europe spatiale a réussi mercredi à placer la sonde européano-russe TGO en orbite de Mars et l'atterrisseur Schiaparelli a "touché le sol" de la planète rouge mais il ne donne plus aucune nouvelle depuis.

Le responsable de Schiaparelli à l'Agence spatiale européenne (ESA), Thierry Blancquaert, a confirmé l'amarsissage de l'atterrisseur, après avoir étudié toute une série de données. L'incertitude demeure cependant sur les conditions de son arrivée sur le sol de Mars : "Maintenant est-ce qu'il a touché le sol dans de bonnes conditions ou est-ce qu'il y a eu un rocher mal placé ou un cratère ou simplement un problème avec son émetteur radio ? Ça, je ne le sais pas encore."

"Mais je ne suis pas très optimiste" sur les données censées avoir été prises après l'atterrissage du module planifié mercredi à 14h48 GMT, a-t-il dit. L'ESA a prévu de faire un point jeudi à 08h00 GMT.

Le module Schiaparelli, qui s'était séparé dimanche de la sonde scientifique TGO, s'était réveillé comme prévu peu avant l'atterrissage, comme avait permis de le constater un radiotélescope indien qui a capté un signal radio venant de lui. Mais ce faible signal radio a cessé d'être reçu par ce radiotélescope au moment de l'atterrissage.

Les données de plusieurs sondes analysées jeudi matin

Ce sont plusieurs sondes autour de Mars qui peuvent permettre de savoir où en est Schiaparelli, qui est parti bardé de capteurs. Pour le moment, les données parvenues à la sonde Mars Express n'ont pas permis de tirer des conclusions sur son sort. La sonde américaine MRO a à son tour recueilli des données sur le module, qui sont en cours d'examen. Mais c'est la sonde TGO qui devrait savoir beaucoup de choses.

Si Schiaparelli va bien, l'engin pourra débuter sa mission de huit jours sur Mars. En attendant, les scientifiques se sont félicités de la bonne mise en orbite de la sonde européano-russe TGO autour de la planète. "Nous avons une mission autour de Mars", a annoncé avec un grand sourire Michel Denis, directeur des opérations en vol de la mission ExoMars.

TGO (Trace Gas Orbiter) sera chargée de "renifler" l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane qui pourrait indiquer la présence d'une forme de vie microbienne actuelle sur la planète.

Avec Mars Express lancée il y a treize ans et qui fonctionne toujours, l'Europe dispose désormais de deux orbiteurs autour de la planète rouge.

Schiaparelli : une première ?

Depuis les années 1960, plus de la moitié des missions martiennes se sont soldées par un échec. Et jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

La sonde et l'atterrisseur Schiaparelli, qui ont effectué un périple de sept mois avant d'atteindre la planète, forment le premier volet d'ExoMars, mission scientifique européano-russe qui vise à rechercher des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars. Elle va se dérouler en deux temps (2016 et 2020).

C'est la deuxième fois que l'Europe se lance à la conquête de Mars. En 2003, Mars Express avait largué un mini-atterrisseur Beagle 2, de conception britannique, qui a atterri mais n'a jamais donné signe de vie.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.