Sept jeunes Toulousains partent samedi pour trois semaines dans le désert de l'Utah, aux États-Unis pour mener diverses expériences de vie sur Mars.

Comme 174 équipages avant eux, celui de la mission MDRS 175 mettra le cap sur Mars samedi.
Comme 174 équipages avant eux, celui de la mission MDRS 175 mettra le cap sur Mars samedi. © Reuters / Jim Urquhart

Y aurait-il de la vie sur la planète rouge ? Pour avancer cette question impérissable, six étudiants toulousains ainsi qu'un ingénieur, tous venus de l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (ISAE-SupAéro) de Toulouse, partiront trois semaines dans le désert de l'Utah, paysage aride, géologiquement proche de celui de Mars. Ils y effectueront une simulation de vie dans une "base martienne", une capsule cylindrique de deux étages et 8 mètres de diamètre de la Mars Desert Research Station (MDRS).

Au programme, durant ces trois semaines, l'équipage mènera des expérimentations concernant :

  • La culture de plantes aromatiques en environnement confiné en partenariat avec la start-up Vegidair.
  • L’amélioration de l’efficacité des astronautes avec des lunettes à réalité augmentée en partenariat avec la PME Optinvent.
  • Le repérage sur le terrain sans utiliser de GPS.
  • Celles-ci seront réalisées grâce à un matériel spécifique :
  • Un sismomètre (appareil qui mesure les mouvements du sol), prototype de celui qui sera utilisé pour la future mission martienne InSight.
  • Un spectroscope qui permet d’analyser et d’étudier la composition des roches.
  • Un ballon solaire qui jouera le rôle de relais radio, de caméra embarquée ou encore d’étude météorologique.
  • L’Aquapad (boîte de pétri utilisée par Thomas Pesquet sur l’ISS) afin de mesurer la pollution microbienne de l’eau potable.

174 missions déjà

La base de la MDRS abrite un centre d'études sur les technologies spatiales, géré par la Mars Society, une organisation internationale à but non lucratif. Depuis 1998, de nombreuses équipes, de tous pays confondus, proposent des projets et sont sélectionnés par l'organisation, créée par l'ingénieur américain Robert Zubrin pour effectuer des missions. Les lauréats se succèdent dans la station, afin de mener diverses expériences et notamment tester des protocoles qui seront utilisés pour la conquête de la planète rouge. Au total, 174 missions ont été effectuées.

Pour les jeunes candidats, c'est un grand pas en avant qui leur permettra notamment de "se mettre dans la peau d'un astronaute". pour Simon, responsable santé et sécurité de l'équipage de la mission MDRS 175 , le meilleur résultat serait de "pouvoir impacter, aider ou faire avancer la recherche spatiale". Chacun et chacune aura son rôle : médecin, astronome, biologiste, ingénieur de bord, journaliste ainsi qu'un commandant et un officier exécutif.

Sur les pas de Thomas Pesquet

Deux des sept équipiers ont déjà eu l'occasion de vivre l'expérience. Arthur Lillo, commandant de la mission et Louis Maller, officier exécutif ont participé l’an dernier à la simulation MDRS 164. L'équipe avait réalisé la première pièce opérationnelle de rechange en impression 3D dans la station MDRS. "C'est une expérience très particulière d'isolement et de confinement, au milieu d'un incroyable paysage qui fait penser à Mars", indiquait Arthur Lillo. Son objectif : devenir le prochain Thomas Pesquet, actuellement dans la station spatiale internationale et qui est passé par la même école que lui.

Je construis brique par brique mon profil, pour cocher toutes les cases [et] participer à cette mission en fait partie.

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