On pense trop souvent que c'est l'excès d’alcool qui peut nuire. Mais lors d'une grossesse, c'est dès le début, et même à petite dose, qu'il peut avoir des effets importants.

Seuls 44 % des Français savent que la consommation d'alcool présente un risque pour un enfant
Seuls 44 % des Français savent que la consommation d'alcool présente un risque pour un enfant © Maxppp / Edouard Bride

À l'occasion de la journée mondiale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), une campagne nationale a été lancée en France, sur le thème "Vous buvez un peu, il boit beaucoup". Il y a en effet beaucoup de pédagogie à faire; même si la connaissance progresse : aujourd'hui, 44 % des Français déclarent qu'il n'existe pas de consommation d'alcool sans risque pour l'enfant (contre 25 % en 2015). Mais le message est encore loin d'être passé complètement. La preuve : 8.000 enfants par an naissent avec des malformations ou des handicaps à cause d'une consommation d'alcool pendant la grossesse.

Une consommation qui, même peu importante, peut entraîner des risques de malformations, si elle intervient au premier trimestre. Aux autres trimestres, on augmente aussi la possibilité de retards au développement mental, qui vont handicaper l'enfant au moment des apprentissages. Ces dommages ne sont pas systématiques, mais c'est une loterie. Le risque est trop grand pour ne pas respecter le "zéro alcool" pendant la grossesse.

Denis Lamblin, pédiatre et président de SAF France, rappelle que "l'alcool est un toxique, qui provoque des malformations : cardiaques, des yeux, du squelette... On peut avoir des fentes labio-palatines (ce qu'on appelle le "bec de lièvre"), qui sont dues à des alcoolisations ponctuelles. La fermeture du palais, c'est deux ou trois jours pendant la grossesse, autour du trentième jour. Il suffit qu'il y ait une alcoolisation à ce moment-là pour créer un risque."

Ne pas culpabiliser, mais informer

Pour la première fois en France, un appel aux dons a également été lancé pour améliorer la prise en charge des enfants (il suffit d'appeler le 3220 jusqu'à samedi soir, journée mondiale de sensibilisation au syndrome d'alcoolisation). Pur le Dr Lamblin, il ne s'agit pas de culpabiliser mais bien d'informer. "Ça ne veut pas dire qu'automatiquement on est une mauvaise mère si l'on n'y arrive pas. Osez en parler si vous n'y arrivez pas, pour qu'on puisse vous aider."

Car encore aujourd'hui, certains affirment que "si c'était dangereux, ce serait marqué sur les bouteilles". Et justement, ça l'est : mais le logo est souvent si petit qu'on ne le voit pas.

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