Cette déformation de la colonne vertébrale touche 3 % des adolescents. Chez une personne touchée sur dix, la scoliose va évoluer de façon très importante. Jusqu'ici les médecins ne savaient pas prédire cette évolution, mais cela va changer petit à petit.

Chez les personnes les plus touchées, la scoliose va nécessiter le port d'un corset, voire une opération. Aujourd'hui, quand les premiers signes de déformation apparaissent, les médecins ne savent pas prédire si la scoliose est bénine ou grave ?

À l'institut de biomécanique humaine Georges Charpak, chercheurs et ingénieurs travaillent justement à améliorer la prise en charge.Le reportage de Sophie Bécherel.

Lutter contre la scoliose, cela nécessite d'avoir une approche en trois dimensions de la colonne vertébrale. Hors de question pourtant de faire des radiographies répétées aux adolescents. Le système EOS, issu des travaux de Georges Charpak, a contribué à résoudre la quadrature du cercle, comme l'explique Laurent Gajeny, mathématicien à l'institut de biomécanique humaine.

Le principe d'EOS, c'est de réaliser une radiographie de face et de profil simultanément, à très faible dose de radiation , contrairement à d'autres systèmes comme le scanner. C'est très intéressant pour analyser les scolioses puisque la radiographie est effectuée en position debout.

En dix minutes, on obtient ainsi une maquette numérique de la colonne du patient, un modèle grâce auquel on peut mieux prédire l'évolution de la scoliose . Jusque récemment, souligne le professeur Wafa Skalli, les médecins devaient attendre la puberté et une déformation accrue pour poser le diagnostic.

On a fait ce suivi sur plusieurs années sur 56 enfants, et on a plus de 80 % de pertinence sur celles qui sont restées stables et celles qui se sont aggravées . Cela va nous permettre de réfléchir à la prise en charge précoce de ces scolioses.

Le deuxième intéret de cette approche personnalisée : rendre plus efficaces les corsets. Car aujourd'hui, la correction des déformation est grandement empirique.

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