Pourquoi donc les poissons nagent-ils en banc ? Grâce à un modèle informatique, des chercheurs du CNRS et de l'école Centrale de Marseille, cela permet aux poissons de dépenser moins d'énergie tout en allant plus vite... sans forcément s'en rendre compte.

Quand les poissons se déplacent en banc, ils dépensent moins d'énergie
Quand les poissons se déplacent en banc, ils dépensent moins d'énergie © AFP / Marcel Mochet

Lorsqu'ils nagent en banc, les poissons se la coulent douce : c'est ce qu'il ressort d'une étude menée par des chercheurs de Centrale Marseille et du CNRS, publiée samedi dans la revue scientifique Physical Review Letters. Les scientifiques qui ont participé à ces recherches ont conçu un modèle informatique permettant de simuler un banc de poissons, en prenant en compte non seulement le fait que les poissons qui nagent en banc essaient de s'aligner avec leurs voisins et de ne pas entrer en collision, mais aussi (c'est une première) l'effet de l'écoulement de l'eau autour d'eux.

Effet d'aspiration

Quand un poisson nage en banc, son action provoque du mouvement dans l'eau. Et quand il nage en banc, ce mouvement prend tout son intérêt : "C'est une sorte d'effet d'aspiration", explique Clément Sire, directeur de recherche au CNRS et co-auteur de l'étude. Il poursuit : "Les poissons, en se mettant un petit peu en quinconce, génèrent un écoulement qui entraîne le poisson qui est derrière, puis le suivant, et ainsi de suite"

Résultat : pour la même dépense d'énergie, le poisson se déplace beaucoup plus vite en banc que tout seul. Est-ce à dire que les poissons sont fainéants ? Ce serait aller vite en besogne : "L'effet du fluide et l'effet comportemental font qu'ils se placent un peu automatiquement en quinconce. Ce n'est pas qu'ils veulent délibérément le faire, c'est qu'ils obéissent aux lois de la physique", détaille le chercheur.

Comprendre les interactions sociales

Ce comportement est donc un exemple d'effet de groupe sans concertation collective... qui peut faire un peu penser à nos propres comportements. "Si vous regardez un trottoir dense un samedi dans un lieu où les gens font leurs courses, vous remarquerez que les gens font des files, sans qu'un grand chef indique à un groupe de marcher à droite et un autre à gauche", remarque Clément Sire : "La question, c'est pourquoi et comment on en vient à faire cela automatiquement, alors qu'on n'a individuellement pas forcément la volonté de le faire".

En somme, cette découverte qui concerne les poissons pourrait avoir des implications plus larges : grâce à des modèles comme celui du banc de poisson, les chercheurs veulent établir des méthodes systématiques pour comprendre les interactions sociales chez les animaux et chez les humains.

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