"sida sidaction" - Bruxelles
"sida sidaction" - Bruxelles © flickr / Julien Jablon

L'annonce de la "guérison" d'une petite fille séropositive reste encore à confirmer, et les spécialistes préfèrent rester particulièrement prudents même si ce cas pourrait être une lueur d'espoir dans la lutte contre la maladie.

La "guérison miracle", les spécialistes ne veulent pas vraiment y croire. Pour eux, il faudra encore attendre et chercher avant de trouver une véritable solution à l'épidémie.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) salu certes la nouvelle, qui "permet d'espérer qu'une guérison du sida est possible pour les enfants". Chaque année, 330.000 enfants naissent contaminés, essentiellement en Afrique Sud-saharienne. Mais il faudra des recherches complémentaires."Il faut être prudent", souligne le professeur Stéphane Blanche, pédiatre spécialiste du sida (hôpital Necker -Enfants Malades, Paris) qui juge que "le terme de guérison n'est pas pertinent".

La petite fille "guérie" était infectée depuis sa naissance, elle avait contracté le virus dans le ventre de sa mère. Depuis, elle a reçu un cocktail de trois médicaments, de la 30e heure de sa vie à ses 18 mois. Dix mois après, les médecins ne trouvent plus de trace du virus dans le sang... malgré l'arrêt total du traitement pendant cete période.

Les explications de Valérie Cantié.

L'originalité, c'est la date de début du traitement (dès les premiers jours de vie), alors qu'habituellement on ne peut traiter qu'au cours des premières semaines.

Le virus toujours présent dans l'organisme

Cette guérison est simplement "fonctionnelle" : le virus n'a pas complètement été éradiqué de son organisme. Elle s'apparente plus à ce stade à une "rémission", qu'il faudra suivre beaucoup plus longtemps pour vérifier que le virus ne se réactive pas, selon John Frater de l'université d'Oxford. "Cette mère avait échappé au dépistage et à la prévention. Il faut éviter cette situation en développant le dépistage", relève de son côté le Pr Blanche.

Reste que l'annonce est une lueur d'espoir, notamment pour les associations comme Aides. __

Le reportage de Marine Chailloux

Sida
Sida © Radio France

Depuis plusieurs années, le traitement préventif de la transmission de la mère à l'enfant (similaire au traitement administrée à la petite miraculée) permet d'excellents résultats : seuls 0,5% des nouveaux-nés sont contaminés... en France.

Car dans certains pays pauvres, seules 60% des femmes infectées par le VIH bénéficient d'un traitement antirétroviral.

D'ailleurs, faut-il traiter systématiquement les enfants à risque dès leur naissance, comme dans cette situation ? Pas forcément, selon le Professeur Blanche, qui estime que cela reviendrait à "traiter 80% d'enfants indemnes".

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