Les plus anciennes traces d'Homo sapiens jamais découvertes remontaient à 200.000 ans. Mais sur le site marocain de Jebel Irhoud, les chercheurs viennent de repousser cette limite.

Jean-Jacques Hublin et Abdekouahed Ben-Ncer
Jean-Jacques Hublin et Abdekouahed Ben-Ncer © Collège de France

Les restes d'Homo Sapiens primitifs mis au jour par une équipe internationale menée par le professeur Jean-Jacques Hublin (de l'Institut Max Planck d'Anthropologie Évolutionnaire et du Collège de France) et le docteur Abdekouahed Ben-Ncer (de l'Institution National d'Archéologie et du Patrimoine) changent l'idée que nous avions de nos origines. Leur âge a été estimé aux alentours de 300.000 ans, soit 100.000 ans de plus que les découvertes précédentes. Ce sont donc les plus anciennes traces de notre espèce connues à ce jour...

Cette découverte permet aussi de confirmer que l'Afrique est bien le berceau de notre espèce : mais jusqu'à aujourd'hui, on estimait que tous les hommes actuels descendaient d'une population vivant en Afrique de l'Est, il y a 200.000 ans. Désormais, on sait que des ancêtres encore plus anciens vivaient aussi au nord-ouest. Cela montre que le berceau de l'Homo sapiens n'est ni uniquement en Afrique de l'Est, ni totalement au Maroc : l'homme moderne trouve ses racines sur tout le continent, et sa morphologie a évolué dans le temps, jusqu'à sa sortie d'Afrique il y a 120.000 ans.

Le site marocain de Jebel Irhoud est le plus ancien et le plus riche gisement de la première phase évolutive de l'espèce humaine. Au total, on y a retrouvé 22 fossiles d'Homo sapiens in situ. Dernièrement, des mandibules, des morceaux de crâne, un humerus provenant de trois adultes, un adolescent et un enfant. Et c'est en analysant des silex brûlés retrouvés sur place, grâce à la thermoluminescence (une méthode complexe de datation), que les chercheurs ont pu repousser les origines de l'espèce de 100.000 ans. Voilà qui ne ne nous rajeunit pas.

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