De nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan ont été annoncés jeudi en France par l'agence du médicament (ANSM) à cause de la présence d'une substance classée comme probablement cancérogène, ce qui va entraîner des ruptures de stocks. Mais il existe des substituts.

De nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan ont été annoncés jeudi en France par l'agence du médicament
De nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan ont été annoncés jeudi en France par l'agence du médicament © Maxppp / Alain DELPEY

En août dernier déjà, l'alerte avait été donnée au niveau international, d'autres médicaments avaient été rappelés. À l'époque, on avait découvert, sur certains lots, la présence d'une impureté probablement cancérogène : la N-Nitrosodiméthylamine. Trois sociétés chinoises, qui fabriquent le produit actif pour le compte de laboratoires, avaient été mis en cause. 

Le deuxième rappel, cette semaine, est motivé par la présence possible d'une autre impureté sur certains lots. Une impureté assez proche de la première et classée, elle aussi, probablement cancérogène. Elle a été découverte au cours des investigations qui ont suivi le premier rappel, mais on ne sait pas, pour l'instant, si elle provient elle aussi des trois sociétés chinoises mises en cause la première fois.

L'agence de sécurité du médicament annonce déjà des pénuries

Des pénuries probables et dues au fait que maintenant ce sont 11 laboratoires qui sont concernés par ces rappels. Cela touche donc les trois quarts de la production et les autres fabricants ne sont pas en capacité d'augmenter leur rendement pour compenser.

Il va donc y avoir très vite des ruptures de stocks, mais il ne faut pas paniquer pour autant : l'agence du médicament précise que des alternatives existent.

 On peut trouver d'autres familles de médicaments contre l'hypertension, explique Jean-Michel Race, directeur des médicaments cardiovasculaires à l'ANSM, l'agence du médicament : 

"Il va certainement y avoir quelques mois de fortes tensions, qui ne seront peut-être pas égales sur tout le territoire, mais en tout cas certains patients pourront effectivement avoir des difficultés pour se procurer leurs médicaments. Mais leur médecin leur prescrira un autre médicament, une alternative au valsartan. Il existe d'autres classes médicamenteuses : les inhibiteurs des enzymes de conversion, les bêta-bloqueurs, les diurétiques, les inhibiteurs calciques. _Nous ne sommes pas dans une situation sans alternative_."

L'important est d'aller voir son médecin 

Un arrêt brutal de traitement peut être très dangereux, insiste Jean-Michel Race : 

"Ce qu'il faut répéter, c'est qu'il y a un danger quand on est hypertendu et que l'on arrête son traitement anti-hypertenseur. C'est très important de le dire parce que même un arrêt de quelques jours peut être responsable _de poussée hypertensive, de décompensation cardiaque, d'accident vasculaire cérébral_."

Pour tout renseignement sur ces rappels, l'agence du médicament a mis en place, dès cet été, un numéro vert : le 0 800 97 14 03.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.