La trentième édition des "Nuits des étoiles" a débuté cette nuit, pour trois jours. De plus en plus de villes luttent contre la pollution lumineuse, et obtiennent le label "Villages et villes étoilées".

Le Mont Saint-Michel sous les étoiles.
Le Mont Saint-Michel sous les étoiles. © AFP / Martin Bertrand

Le moment est idéal pour s'étendre dans l'herbe et scruter le ciel nocturne. La trentième Nuit des étoiles a débuté la nuit passée, pour trois jours et même au-delà, en août. Une observation attentive du ciel vous permettra de voir une pluie d'étoiles filantes, les Perséides, et six planètes de notre système solaire. Autant dire qu'avec la bonne météo prévue, c'est une année faste pour l'observation. Reste à trouver un lieu bien noir, ce qui n'est pas évident.

Mais depuis quelques années, et en partie grâce au succès de la Nuit des étoiles, de plus en plus de communes luttent contre la pollution lumineuse. Un label existe et actuellement, villes et villages peuvent candidater pour l'obtenir. Selon Olivier Las Vergnas, le président de l'association Française d'astronomie, les choses ont changé en trois décennies : "Ce qui a changé, c'est que la noirceur du ciel est en danger. Et en même temps, on se rend compte que les gens veulent de plus en plus regarder le ciel." Parce qu'elles multiplient les actions anti-pollution lumineuse, près de 600 communes ont ainsi obtenu en 10 ans le label "Villages et villes étoilées". Et déjà 500 autres ont déposé leur candidature cette année.

"On a réussi à faire inscrire la pollution lumineuse dans quatre lois"

Pour Anne-Marie Ducroux, la présidente de l'association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne, les maires prennent conscience du problème et réalisent que des solutions existent pour diminuer l'éclairage nocturne : "On sent  des interrogations qui n'existaient pas il y a seulement quatre ou cinq ans. Je pense que c'est en partie parce qu'on a réussi à faire inscrire la pollution lumineuse dans quatre lois, dans plusieurs réglementations et qu'on fait de la pédagogie de terrain depuis 20 ans."

Comment réduire cette pollution lumineuse ? "On peut progresser par des équipements mieux adaptés, mieux orientés, avec une puissance inférieure parce que souvent, ils sont beaucoup trop puissants pour le besoin local", explique Anne-Marie Ducroux. Il est aussi possible d'agir par les usages : "Par exemple, la durée d'éclairement, en éteignant une partie de la nuit ou sur une partie de la commune, selon les besoins." Objectif : Que tout le monde ait la capacité d'observer le ciel étoilé depuis chez soi sans aller dans le désert d'Atacama, ou sans avoir à acheter du matériel coûteux."

De grandes villes dans la file d'attente

Même des communes de 50.000 habitants ont obtenu, grâce à leurs efforts, le label ville étoilé. "On a des villes comme Roubaix, comme Strasbourg, qui cherchent à obtenir le label", rapporte Anne-Marie Ducroux. "Elles ne l'ont pas encore mais elles sont en progrès. Par exemple, Strasbourg a signé une charte d'engagement avec nous, fait des expériences d'extinctions dans les parcs et jardins, a changé la nature de ses équipements. Tôt ou tard, je pense que c'est une ville qui obtiendra le label."

Si vous cherchez une commune avec un ciel bien noir pour cette Nuit des étoiles, rendez-vous sur le site de l'association ANPCEN

Les communes qui souhaitent candidater pour le label peuvent aussi se rendre sur leur site.