Reconnue comme une maladie par l'OMS, l'obésité touche 16% de la population française. Depuis 2010, un médecin développe une technique de chirurgie (presque) sans cicatrice.

C'est une des spécificités de l'Institut Mutualiste Montsouris (IMM) de Paris : l'intervention par "trocart unique" permet aux malades atteints d'obésité de sortir de la salle d'opération sans cicatrice ou presque, là où une opération traditionnelle nécessite entre trois et cinq perforations de l'abdomen. Alors que l'obésité touche, selon l'Inserm, près de 16% de la population française, près de 50 000 personnes se sont fait opérer en 2015, afin de retrouver une vie normale.

Trois types d'interventions sont aujourd'hui pratiqués. La première consiste à poser un anneau gastrique, qui permet au malade de perdre du poids. Le "bypass gastrique", pour sa part, modifie le circuit alimentaire du patient. Autre opération possible : la "sleeve gastrectomie", soit l'ablation d'une partie de l'estomac. À chaque fois, ces interventions nécessitent plusieurs incisions de l'abdomen. Et autant de cicatrices une fois l'opération terminée."J'étais prêt à accepter qu'il y ait des traces", confie Raphaël. Il y a un peu plus d'un an, ce quadragénaire pesait 140 kilos, contre 77 aujourd'hui. Mais l'opération qu'il a subie ne lui a laissé aucune marque.

Le fait qu'il n'y ait pas de trace fait que je m'accepte mieux. Le regard des autres que j'ai subi avant l'opération est différent aujourd'hui : si je me promène en maillot sur une plage, je peux bomber le torse, je n'ai pas de cicatrices partout.

Une seule incision de 2,5 centimètres

Raphaël a bénéficié de l'opération par "trocart unique", c'est-à-dire que son abdomen n'a été perforé qu'une seule fois, par une incision de 2,5 centimètres. Cette technique est encore marginale (600 opérations par an) mais le Dr Guillaume Pourcher, le responsable du centre de prise en charge de la maladie obésité de l’IMM, la pratique depuis 2010.

La chirurgie de l'obésité ne doit plus faire peur. Et plus on diminue l'agression, mieux se porte le malade. Techniquement, on fait la même opération. Il n'y a pas de de différence de fond mais une différence esthétique.

Si la "sleeve gastrectomie" par trocart unique permet d'alléger le poids de l'opération, le Dr Pourcher souligne que la chirurgie n’est pas « un coup de baguette magique » : la maladie est toujours là, et il faut ensuite assurer le suivi tant physique que psychologique du patient. Néanmoins, une étude, financée par le Ministère de la Santé, est actuellement menée pour évaluer cette nouvelle technique. Les résultats seront publiés en 2019. En attendant, l'Institut Mutualiste Montsouris organise ce samedi une journée de sensibilisation face à cette maladie en constante progression dans le monde.

► ÉCOUTER | Le reportage de Sarah Vildeuil

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