Les neurosciences à l'école, "un faux débat" plaident plusieurs chercheurs en écho à l'installation par Jean-Michel Blanquer d'un conseil scientifique à visée éducative.

Des images du cerveau par IRM
Des images du cerveau par IRM © Getty / beijingstory

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a pris mercredi la défense du conseil scientifique dirigé par le professeur en psychologie cognitive, Stanislas Dehaene. Alors qu'une cinquantaine de chercheurs se sont inquiétés fin 2017 de l'utilisation des neurosciences pour concevoir ou améliorer les méthodes éducatives, Jean-Michel Blanquer assure dans Le Figaro l'utilité des "approches pluridisciplinaires".

"C'est une évidence" appuie Olivier Houdé. Professeur de psychologie et de développement de l'enfant, l'invité de Bruno Duvic dénonce "un faux débat" que celui qui oppose la sociologie et la psychologie aux neurosciences.

Olivier Houdé qui est avant tout instituteur s'est lui-même formé aux technologies d'imagerie médicales qui permettent, explique-t-il, "de voir à travers la boîte crânienne comment le cerveau fonctionne, comment il apprend, comment il réagit [...] en contexte social et culturel."

Ainsi, les neurosciences permettraient de mieux comprendre les lois du cerveau et seraient utiles à tous les stades du cursus scolaire et pour toutes les matières. "Le cerveau est multi-domaines" renchérit le chercheur. "La connaissance des lois du cerveau vaut pour tous les domaines du programme scolaire : lire, écrire, compter, mais aussi raisonner et respecter autrui. Sur chacun de ces domaines, nous avons déjà des explorations sur les mécanismes du cerveau."

Les neurosciences explorent l'organisation et le fonctionnement du cerveau, grâce notamment aux techniques d'imagerie cérébrale qui ont largement progressé ces dernières années.

Un conseil scientifique pour quoi faire ?

Le conseil sera composé de 21 membres, dont un tiers issu des sciences cognitives, selon Le Figaro, toujours. Les autres membres seront des philosophes, sociologues, chercheurs en sciences de l'éducation, ou encore économistes, dont Esther Duflo. 

Plusieurs domaines devraient être étudiés de manière prioritaire comme "le contenu des formations enseignantes". "Le conseil scientifique cherchera à délimiter les connaissances que tout professeur devrait maîtriser", précise Stanislas Dehaene.  Il étudiera aussi "quels contenus pédagogiques sont les plus efficaces, ce qui pose la question des manuels scolaires", ajoute-t-il, soulignant qu'au moins 30 % des classes de CP, par exemple, "n'en ont pas". 

Troisième domaine d'étude : "Établir la meilleure façon de mesurer les progrès des élèves" en regardant par exemple quelle est "l'utilité des tests en CP".  

Le conseil se penchera aussi sur la "métacognition", c'est à dire "le fait de comprendre ses propres processus d'apprentissage pour mieux apprendre à apprendre" et enfin sur la question du handicap à l'école. 

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