Plusieurs études montrent qu'il y a un lien entre le tour de taille et les difficultés urinaires et érectiles des hommes. Le chirurgien-urologue François Desgrandchamps fait le point.

Le gras est l'ennemi de votre prostate (entre autres)
Le gras est l'ennemi de votre prostate (entre autres) © Getty / Chris Tobin

Pourquoi faut-il surveiller sa prostate ?

La prostate est une glande creuse par laquelle passe l'urine plusieurs fois par jour et le sperme de temps en temps. C'est un sujet souvent tabou chez les hommes qui hésitent à consulter pour en parler... Pourtant, le chirurgien-urologue François Desgrandchamps souligne au micro d'Ali Rebeihi :

Le cancer de la prostate est une maladie comme une autre, ce n'est pas plus honteux que d'avoir la grippe !

Les signes permettant de voir l'apparition d'un cancer sont assez tardifs : on s'en aperçoit quand la tumeur est déjà développée localement. Il faut donc s'arranger pour le trouver avant et faire un dépistage. 

Il y a chaque année 50 à 70 000 nouveaux cas par an. Mais tous les cancers de la prostate ne se ressemblent pas : "à peu près la moitié des cancers de la prostate ne tuent pas, ce sont des formes de vieillissement normal de la prostate" souligne le praticien, qui ajoute :

On peut établir que 70 à 80% des hommes de 70 / 80 ans ont un cancer si on en cherche un.

Mais il n'y a pas que le cancer qui menace la prostate... 

Il y a aussi les douleurs d'inflammation chronique de la prostate, qui concernent 5 à 10 % des hommes entre 35 et 45 ans. 

Et, plus tard, vers 65 / 70 ans, peut se déclarer l'adénome de la prostate (également appelée "hypertrophie bénigne de la prostate", "hyperplasie bénigne de la prostate" ou encore, plus simplement, HPB). En  d'autres termes : en prenant de l'âge, le tour de ventre de monsieur s'arrondit et sa prostate aussi. Ce faisant, elle peut provoquer des problèmes urinaires et des difficultés sexuelles... 

La taille de la prostate est liée  à celle de votre tour de taille

Plusieurs études (comme celle-ci en 1998 ou celle-là en 2008) montrent qu'il y a une relation entre le tour de taille et le risque d'avoir un adénome de la prostate. Quand l'homme vieillit et prend du gras sur le ventre, sa prostate grossit aussi. François Desgrandchamps précise : "_Le problème, c'est qu'on a beau maigrir, la prostate, elle, ne diminuera pas_".

Comment faire, alors ? Être vigilant.

Par exemple, en regardant la télévision plus de 40 heures par semaine, le risque d'adénome est multiplié par 1,5. À l'inverse, si on fait une activité physique (même simple, comme s'arrêter un arrêt de métro avant la station habituelle et marcher jusqu'au travail), c'est bénéfique : si on marche trois à cinq heures par semaine, le risque diminue de 25%.

François Desgrandchamps :

Le gras est vraiment un ennemi !

Il ajoute : "Le gras est actif biologiquement" : il transforme la testostérone en œstrogène (et cette hormone est un facteur de croissance pour la prostate). Il secréte aussi des leptines qui vont agir sur la testostérone. 

François Desgrandchamps : "Quand on est urologue et et qu'on voit un malade qui a le ventre qui dépasse un peu de la ceinture (plus de 102 cm au niveau du nombril), il faut lui dire : « peut-être qu'il faudrait acheter une paire de chaussures de sport et vous arrêter une station de métro avant pour votre boulot... ça vous évitera un cinquième médicament pour votre prostate » parce qu'on peut soigner sa prostate et sa sexualité par une activité physique régulière"

Sans oublier que cette graisse explique également l'hypertension, l'hypercholestérolémie, le diabète, l'hypertriglycéridémie… 

Alors, à vos piscines / baskets / vélo, messieurs !

Messieurs, faites du sport pour soigner votre prostate !
Messieurs, faites du sport pour soigner votre prostate ! © Getty / SilviaJansen

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