Vendredi matin sera lancée une sonde spatiale américaine pour prélever des échantillons du sol d'un astéroïde, afin d'en apprendre plus sur les origines de la vie sur Terre.

OSIRIS-REx , en cours de vérification au centre spatial Kennedy
OSIRIS-REx , en cours de vérification au centre spatial Kennedy © AFP / BRUCE WEAVER /

Si nous sommes tous faits de poussière d'étoiles, peut-être pourra-t-on en savoir plus grâce à Osiris-Rex. Une fusée Atlas V doit décoller de la base spatiale de Cap Canaveral, en Floride, pour propulser dans l'espace la sonde OSIRIS-REx, dont la mission doit durer sept ans.

La sonde devra se poser sur un astéroïde d'un diamètre d'environ 500 mètres, Bénou, qui a sensiblement la même orbite que la Terre autour du soleil.

OSIRIS-REx devrait atteindre la banlieue de Bénou en août 2018 et se placer en orbite autour de l'astéroïde afin de mener pendant deux ans une étude de ses caractéristiques physiques et chimiques.

Puis la sonde se posera à la surface du petit corps céleste et déploiera son bras automatique afin de recueillir 60 grammes de "régolithe" de son sol.

"On essaie de comprendre comment les planètes se sont formées, comment la vie a pu émerger et ces astéroïdes ont conservé la mémoire de la composition initiale des planètes puisque les grosses planètes comme la terre ont chauffé", explique Patrick Michel, chercheur au CNRS, responsable à l’observatoire de la côte d’Azur de l’équipe théorie et observations en planétologie et également membre de la mission Osiris-Rex. "Leur matériau initial a chauffé et donc s’est transformé. Ces astéroïdes sont suffisamment petits pour ne pas avoir subi de transformation chimique notable. On remonte avec eux le temps en analysant leur composition, ce qui nous permet d’affiner les modèles de formation planétaire."

Ainsi la mission OSIRIS-REx permettra-t-elle aussi d'éclaircir l'histoire de la formation du système solaire dans son ensemble.

À ce jour, un seul échantillon d'astéroïde a été rapporté sur Terre : quelques poussières d’Itokawa collectées par une sonde japonaise. Parce que le système solaire est fait de corps très différents, les scientifiques sont avides de diversifier la collecte. Avant le retour d’Osiris-Rex et de son précieux chargement, une autre sonde japonaise, Hayabusa 2, aura rapporté si tout va bien quelques grammes de l’astéroïde Ruygu en 2020.

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