À l'occasion du congrès français d'urologie qui débute ce mercredi à Paris, les chercheurs s'interrogent : pourquoi la quantité de spermatozoïdes connait un déclin constant ? Même si nous sommes loin de la côte d'alerte, il serait temps d'endiguer cette chute qui pourrait être d'origine environnementale.

En 50 ans, la concentration des spermatozoïdes aurait diminué de 50%
En 50 ans, la concentration des spermatozoïdes aurait diminué de 50% © Getty / KATERYNA KON/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Le déclin est régulier, il touche tous les pays. Si les premières études étaient européennes, les dernières, indiennes, chinoises, vont dans le même sens. Les spermatozoïdes sont moins mobiles, moins gros et surtout moins nombreux selon le Pr Eric Huygues, urologue au CHU de Toulouse : "il semble qu'entre les années 40 et à présent, on ait une diminution d'au moins 50% de la concentration des spermatozoïdes dans le sperme, c'est quand même très inquiétant. Car si on regarde les évolutions dans les espèces, on parle en milliers d'années et là on est sur une fenêtre de 50 ans".

La piste des produits phytosanitaires

Il y a un déséquilibre dans la production d'œstrogènes et de testostérone. Cette dernière serait insuffisante chez l'embryon mâle lors du début de la grossesse. Les raisons ? On évoque de plus en plus une sur-utilisation des produits phytosanitaires, en particulier dans les régions viticole commente le Pr Eric Huygues : "L'agriculture est une source importante de ces produits phytosanitaires, mais il y a également l'industrie des plastiques qui est une grosse productrice de perturbateurs endocriniens, que l'on retrouvait jusqu'à récemment dans les plastiques des perfusions. Alors même que l'enfant naissait, il était déjà en contact avec un certain nombre de molécules, donc c'est très difficile d'envisager un monde nettoyé".

Avec une moyenne de 100 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme, l'espèce humaine n'est pas en péril, mais la production est à surveiller, car les générations futures risquent de naître avec un nombre de gamètes de plus en plus bas.

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