Un rapport de l'Igas salue la mise en place par la France d'une stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens, quand l'Europe est vivement pointée du doigt. Elle critique aussi vertement le manque de financement sur le sujet.

L'évaluation des perturbateurs endocriniens est hétérogène selon les agences sanitaires : pour les cosmétiques, l'agence du médicament peine à maintenir le rythme.
L'évaluation des perturbateurs endocriniens est hétérogène selon les agences sanitaires : pour les cosmétiques, l'agence du médicament peine à maintenir le rythme. © Getty / Letizia Le Fur

Ils sont partout dans les cosmétiques, les pesticides, les plastiques, les additifs alimentaires... Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d'interférer avec notre système hormonal et nos politiques publiques ne sont pas suffisantes lorsqu'il s'agit de mettre en place les moyens nécessaires pour évaluer et prévenir les risques.

Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (l'Igas), publié ce vendredi, souligne les résultats positifs, mais limités, de la stratégie nationale mise en place par la France en 2014 sur les perturbateurs endocriniens. La France est l'un des rares pays d'Europe, avec la Suède et le Danemark à avoir élaborée une telle stratégie.

Les limites du rapport concernent principalement un aspect financier. Ainsi, certains programmes de recherche sont en manque de financement, en particulier ceux destinés à surveiller ces substances, alors même qu'elles sont présentes partout et remettent en question les raisonnements classiques de toxicologie. 

L'Europe vivement critiquée

Autre critique : la surveillance des perturbateurs endocriniens est hétérogène. Leur présence est scrutée dans l'eau, mais pas assez dans l'air et encore moins dans les sols. 

Quant à l'évaluation de ces substances par les agences sanitaires, l'ANSES remplit son objectif d'évaluer cinq substances par an. En revanche, l'agence du médicament peine à maintenir le rythme pour étudier les produits cosmétiques.

Mais c'est à l'encontre de l'Europe que le rapport est le plus critique et notamment de la Commission européenne, accusée en creux de ne pas en faire assez. Un manque de volonté politique qui va jusqu'à interroger l'IGAS sur la crédibilité de l'action communautaire.

Et pourtant le rapport rappelle que certaines affections et maladie sont suspectées d'être la conséquence d'une exposition aux perturbateurs endocriniens : infertilité, puberté précoce ou encore cancer et autisme.

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