L'ONG Robin des Bois porte plainte contre X. Elle estime que les autorités n'ont pas suffisamment informé la population des risques liés au plomb, et n'ont pas pris les mesures nécessaires pour limiter l'exposition des riverains aux dangers sanitaires. Trois questions à Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé.

Selon l’enquête de Mediapart, des taux de plomb jusqu’à 800 fois supérieurs aux normes ont été relevés dans et autour du bâtiment
Selon l’enquête de Mediapart, des taux de plomb jusqu’à 800 fois supérieurs aux normes ont été relevés dans et autour du bâtiment © Getty / Alexander Perrien

Y a-t-il un danger de contamination au plomb après l'incendie de la cathédrale de Paris, le 15 avril dernier ?  Entre la toiture et la flèche de la cathédrale, ce sont près de 400 tonnes de plomb qui se sont échappées sous forme de poussière. Depuis, deux écoles à proximité qui accueillaient des enfants en centre de loisirs ont été fermées. Face au danger pour les travailleurs, le chantier de la charpente a également été interrompu.

L'Agence régionale de santé (ARS), la Préfecture de police et la mairie de Paris se veulent rassurants. Mais l'association Robin des Bois est convaincue qu'il y a un danger d'intoxication pour les riverains. Elle a déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui

Annie Thébaud-Mony est directrice de l'unité consacrée aux cancers d'origine professionnelle à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. 

FRANCE INTER : Le 19 juillet dernier, les autorités assuraient que les populations parisiennes ont été préservées de ce risque plomb après l'incendie de la cathédrale. Peut-on les croire ?

ANNIE THÉBAUD-MONY : Non, il y a un réel problème de pollution par ces poussières de plomb. On apprend ce qu'il en est par bribes. Plus de trois mois après la catastrophe, l'ARS vient de rendre publique une carte. On y voit encore de la pollution, non seulement sur le site et le parvis à l'extérieur, mais aussi dans tout les 5e et le 6e arrondissements. On trouve des mesures de contamination très importantes, notamment celles effectuées par le laboratoire central de la Préfecture de police de Paris.

Quels sont les risques pour la santé des personnes exposées au plombs, que ce soit les riverains ou les travailleurs de la cathédrale ?

Il n'y a pas de seuil en dessous duquel le plomb n'est pas dangereux. Concrètement, à très forte dose, il peut y avoir des troubles digestifs, des céphalées, des vomissements... Le plus grave danger, à très faible dose, ce sont les risques neurologiques pour les enfants et les adultes, les risques cardio-vasculaires, sur la reproduction et cancérogènes. Sachant que ces symptômes peuvent se révéler des dizaines d'années après l'exposition.

Vous militez pour la réalisation de mesures draconiennes pour suivre ces poussières. qu'est-ce qui est fait de ce coté là ?

Il n'y a pas de cartographie suivie permettant de voir s'il y a une véritable décroissance. La fermeture des écoles a été trop tardive. Il aurait fallu fermer les écoles et les crèches dès le lendemain de l'incendie, faire un travail de nettoyage en protégeant les personnels qui le font, et mesurer pour être sûrs que les enfants n'étaient pas exposés. Il faut un suivi des personnes qui ont subi cette contamination, pas seulement un dépistage.

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