Selon une étude publiée par des chercheurs américains le retour de la chaleur estivale ne devrait jouer qu'un rôle mineur dans la disparition éventuelle du Covid 19.

Séance photo à Paris, avril 2020
Séance photo à Paris, avril 2020 © Getty / Stephane Cardinale - Corbis/Corbis via Getty Images)

Certains études statistiques, et les hypothèses de certains virologues tendent à établir une légère corrélation entre le climat et l'épidémie : plus il ferait chaud et humide, moins le virus se propagerait. Mais la dernière étude publiée cette semaine dans la revue Science par des chercheurs de l'université américaine Princeton affirme que le réchauffement estival ne sauvera pas à lui seul l'hémisphère nord de la pandémie de Covid-19.

En effet, les modèles publiés dans Science ne contredisent pas ce lien, mais le considèrent négligeable pour l'instant, alors qu'on ignore encore fondamentalement la relation biologique entre le climat et Sars-Cov-2, le virus qui cause le Covid-19.

"Nous prévoyons que les climats plus chauds et humides ne ralentiront pas le virus dans les stades initiaux de la pandémie", explique l'un des auteurs de cette étude, Rachel Baker, chercheuse en post-doctorat à Princeton.

"Le virus se propagera vite, quelles que soient les conditions climatiques"

Le climat moins efficace que l'immunité collective

Dans la propagation de la grippe ou d'autres coronavirus, le climat peut se révéler important, mais ici, ce facteur joue un rôle moindre face à la faible immunité collective contre Sars-Cov-2 : la réserve de gens à infecter reste largement suffisante pour assurer une progression rapide.

En l'absence de mesures de contrôle ou de vaccin, disent les auteurs de cette étude, le coronavirus va donc contaminer progressivement une plus grande partie de la population. C'est seulement après qu'il pourrait devenir saisonnier, comme ses cousins.

"D'autres coronavirus humains comme ceux du rhume dépendent fortement de facteurs saisonniers, en culminant pendant l'hiver en dehors des tropiques", dit le professeur Bryan Grenfell. "Si, comme c'est probable, le nouveau coronavirus est également saisonnier, on peut s'attendre à ce qu'il se transforme en virus hivernal au fur et à mesure qu'il deviendra endémique dans la population".

L'équipe a modélisé plusieurs scénarios pour Sars-Cov-2, sur la base de ce qu'on a observé des virus de la grippe et de deux coronavirus connus, causant le rhume, et en simulant ce qui se passerait dans plusieurs régions du globe, sous différentes températures et niveaux d'humidité. 

D'après leurs résultats, "les régions tropicales et tempérées doivent se préparer à des épidémies sévères, et les températures estivales ne vont pas contenir la propagation des infections"

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