La disparition alarmiste de ces arbres emblématiques, annoncée par une publication dans Nature Plants, est-elle causée par le réchauffement climatique comme annoncé ? Selon les spécialistes, rien ne permet de l'affirmer à ce jour.

Baobab du Zimbabwe, où le plus vieux baobab, 2450 ans, est mort
Baobab du Zimbabwe, où le plus vieux baobab, 2450 ans, est mort © AFP / TUNS / ARCO IMAGES GMBH / DPA

Adrian Patrut est un chercheur roumain, spécialiste des baobabs. Il a notamment mis au point une méthode de datation par le carbone 14 et découvert l'âge quasi canonique de certains de ces arbres, en particulier en Afrique australe. La publication dans la revue Nature Plants recense les arbres les plus gros ou les plus vieux qu'il a vus en Afrique australe.

De cet inventaire réalisé sur 12 ans, il a tiré une statistique : 9 sur 13 des plus vieux arbres, et 5 sur 6 des plus gros sont morts ou partiellement morts. Le scientifique prend soin de dire que les causes de cette mortalité restent floues, tout en mentionnant le réchauffement climatique (étude de François Engelbrecht parue en 2015) comme piste à creuser. Piste qui a été mise en avant dans les compte-rendus.

Des arbres presque immortels

Avec sa méthode de datation au carbone 14, le scientifique a isolé des spécimens ayant entre 700 et 2.500 ans, sachant qu'un baobab n'a pas un seul âge ! C'est d'ailleurs un point important mentionné dans l'article : les arbres de l'Afrique Australe sont composés de plusieurs tiges-troncs. Ce bouquet de tige a des âges différent, même si d'un point de vue génétique, il s'agit d'un unique et même individu. En dépit de la mort de certaines tiges, certains arbres survivent. Ce processus de croissance leur donne une forme de résilience, voire d'immortalité.

Si le réchauffement climatique nuit au couvert végétal en général, le lien de causalité avec la mort des baobabs n'est pas formellement établi.

Le réchauffement planétaire touche par exemple Madagascar et le Sénégal, deux pays où poussent des baobabs et où ils sont étudiés par des chercheurs. Or leur disparition, dans ces deux pays, est plus une conséquence de l'impact de l'homme (coupe des arbres pour récupérer des terres agricoles ou des terres à construire) que de l'élévation des températures. À Madagascar où en cas de déforestation, ils étaient épargnés dans le passé (laissant des paysages nus parsemés de ces arbres emblématiques), désormais la taille ne fait pas de quartier, et il arrive qu'on sacrifie aussi ces grands arbres.

Manque de pluie... et éléphants

Le baobab, qui n'a pas de racines très profondes, a la capacité de stocker l'eau quand elle tombe et de l'utiliser ensuite pour compenser d'éventuelles périodes de stress hydrique. La corrélation entre baisse pluviométrique sur des décennies et mortalité de ces arbres est une piste qu'il faudrait creuser pour avoir la certitude qu'en Afrique australe, cela conduit à leur mort.

Par ailleurs, note Pascal Danthu, chercheur au CIRAD et spécialiste des baobabs, il aurait été pertinent de porter un regard historique sur la mortalité des arbres, dans la mesure où ils sont plus ou moins étudiés depuis un siècle (par exemple dans les travaux de G.E. Wickens). D'autres causes ont d'ailleurs été étudiées, comme le rôle des éléphants.

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