À l'approche de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) annoncée pour la mi-novembre, certaines chaufferies parisiennes ont déjà transformé leur activité pour polluer moins. C'est le cas de l'une d'entre elles, située à Beaugrenelle à Paris. On vous fait visiter.

Les couloirs de la chaufferie située à Beaugrenelle à Paris
Les couloirs de la chaufferie située à Beaugrenelle à Paris © Radio France / François Rauzy

Ce mercredi, Emmanuel Macron rencontrait les acteurs du secteur de l'énergie pour préparer la Programmation pluriannuelle de l'énergie : la PPE qui doit être annoncée mi-novembre. Parmi les principaux sujets de ce plan, la réduction des émissions carbone. 

Une transition déjà enclenchée par certaines chaufferies parisiennes qui nous fournissent en chauffage et en eau chaude et qui ont déjà transformé leur activité pour polluer moins. Nous avons visité l'une d'elles, située sur les quais de Seine, à Beaugrenelle et qui chauffe le quartier. 

Avec sa cheminée haute de 130 mètres, la cheminée de Grenelle ou cheminée du Front-de-Seine fait partie des six chaufferies de la CPCU, la Compagnie parisienne du chauffage urbain, une filière du groupe Engie dont l'usage est d'évacuer la fumée des brûleurs qui servent à produire de la vapeur, distribuée dans des canalisations souterraines vers les immeubles du quartier. À elles six, ces chaufferies chauffent 20% des immeubles parisiens.

"On a gagné entre 5% et 8% de rendements"

À l'intérieur, il faut se faufiler à travers un labyrinthe d'escaliers métalliques. Des mètres et des mètres de tuyaux longent les murs et les plafonds, jusqu'à d'immenses chaudières. Il y a deux ans, la chaufferie a effectué d'importants travaux pour passer de l'exploitation du fioul lourd au diester, un biocombustible. "Il y a une énorme différence", explique Guillaume Titry le responsable des lieux qui précise : "On a quasiment gagné entre 5% et 8% de rendements et on est parvenus à baisser les polluants facteur 10."

Sur son site de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, la CPCU a également remplacé en partie le charbon par la biomasse, des résidus forestiers à fort pouvoir calorifique qui permettent de produire de la chaleur. Pour Camille Bonenfant, directrice générale de la société, les résultats de tous ces investissements se ressentent déjà : "On a une réduction annuelle de 250 000 tonnes de CO2 pour la partie disparition du fioul et de 50 000 tonnes supplémentaire pour l'introduction de la biomasse."

L'objectif d'ici à 2050 est d'atteindre 100% d'énergies renouvelables pour les réseaux de chaleur

Pour Carole Le Gall, à la tête du département France Réseaux chez Engie, il faut continuer à développer ces solutions : "L'enjeu c'est de doubler voire de quadrupler le recours à ces solutions. On a maintenant un retour d'expérience très important, mais c'est primordial que la PPE continue de soutenir ces réseaux de chaleur. On est dans les collectivités locales puisque ce sont des infrastructures qui sont compétitives dans la durée, mais qui demandent au départ un effort substantiel d'investissement."

Aujourd'hui, les réseaux de chaleur utilisent plus de 50% d'énergies renouvelables pour leur fonctionnement. L'objectif d'ici à 2050, est d'atteindre 100%.

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