Beaucoup trop de pesticides dans nos fruits et légumes : c'est ce qui ressort d'une enquête inédite menée par l'ONG Générations Futures, et dont France Inter vous dévoile le contenu.

Souvent, les fruits et les légumes ne contiennent pas de traces que d'un seul produit, mais de plusieurs.
Souvent, les fruits et les légumes ne contiennent pas de traces que d'un seul produit, mais de plusieurs. © AFP / SERGIO NEVES / AGÊNCIA ESTADO

L'ONG Générations Futures s'est basée sur les données officielles de la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF). Et le résultat pourrait bien vous couper l'appétit : 

Traces de pesticides dans près de trois-quarts des fruits et 41% des légumes non bio  

Il y en a quasiment partout, en plus ou moins grande quantité : dans 72,6% des fruits étudiés, et 41,1% des légumes non-bio, on retrouve des résidus de pesticides. Parmi les fruits, les plus mauvais élèves ce sont les raisins, les cerises, les fraises et les agrumes. En moyenne, 89% des échantillons de raisins présentaient des marques de pesticides, 88,4% pour des clémentines/mandarines et 87,7% des cerises. 

Les dépassements des limites maximales concernent avant tout les cerises (6,6% des échantillons) et les mangues/papayes (4,8%). On retrouve des résidus de pesticides dans plus de 80% des échantillons analysés. Du côté des légumes, la palme revient aux céleris (branche et rave), aux herbes fraîches, aux endives et aux laitues.

"Action publique urgente"

François Veillerette, directeur de l'association Générations Futures, en appelle aux pouvoirs publics : "Souvent vous n'avez pas qu'un seul résidu, déplore-t-il, mais deux... trois... quatre et ça peut aller jusqu'à 15, 16 ou au-delà. 

Dans la journée, cela veut dire que les gens vont être exposés à plusieurs dizaines de pesticides différents

Et dans le lot, des résidus spécifiques de perturbateurs endocriniens. "Ces chiffres sont réellement inquiétants et cela montre clairement au gouvernement combien l'action publique est urgente."

Le gouvernement est en train de finaliser un nouveau plan d'actions pour réduire l'usage des produits phytopharmaceutiques dans l'agriculture, qui devrait être dévoilé à la fin du mois de mars. Générations Futures espère y trouver de vraies mesures pour faire évoluer les systèmes de production agricole et les rendre moins dépendants aux pesticides.

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