La France, comme plusieurs autres pays européens, a prévu de voter ce mercredi contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Mais il s'avère difficile de remplacer un herbicide tellement efficace que les systèmes de production se sont organisés autour de son fonctionnement.

L'efficacité de l'herbicide est telle que certains systèmes de production sont organisés en fonction du glyphosate.
L'efficacité de l'herbicide est telle que certains systèmes de production sont organisés en fonction du glyphosate. © AFP / Sebastian Gollnow / DPA

La commission européenne propose de renouveler pour 10 ans l'autorisation du glyphosate, classé cancérogène probable par l'Organisation mondiale de la santé. Mais pas sûr que cela passe : il faut une majorité qualifiée. La France, l'Italie, l'Autriche et le Luxembourg ont déjà prévu de voter contre. D'autres, comme l'Allemagne, devraient s'abstenir.  Dans le cas où l'autorisation de commercialisation de l'herbicide controversé serait suspendue, quelles alternatives pour les agriculteurs ?

Car la question de se passer du glyphosate n'est pas si facile à régler. Mais qu'on décide d'en sortir ou non, on ne peut plus éluder la question qui en découle : peut-on vraiment s'en passer ? 

Peu cher et redoutablement efficace, le glyphosate est devenu un incontournable pour beaucoup d'agriculteurs qui en épandent plus de 8 000 tonnes par an en France. Et "si elle n'avait pas d'impacts sur l'environnement ou la santé", la substance ne subirait aucun reproche explique Christian Huygues, directeur scientifique agriculture à l'INRA, l'institut national de la recherche agronomique. Contrairement à d'autres herbicides, "le glyphosate a pour particularité de se répandre dans l'ensemble de la plante pour tuer aussi bien les parties aériennes que les parties racinaires".

Son efficacité est telle et son prix si relativement peu cher que "l'on a organisé les systèmes de production autour de ça". Pour se passer du glyphosate, résume donc Christian Huygues, il faudra imaginer "des formes de reconception un peu plus large".

Pas de solution unique

C'est là aussi un problème en soi : les chercheurs planchent actuellement sur des systèmes repensés dans leur globalité pour trouver les solutions les plus adaptées aux spécificités des terroirs et des exploitations. Mais pour l'Inra, "il faut se sortir de l'idée qu'il n'y a qu'une solution" unique, mais plutôt un panel de solutions à adapter à chaque exploitation.

"On voit des options nouvelles, en particulier ce que permet le bio-contrôle mais aussi ce que permet la résistance génétique des plantes aux maladies, de même que les méthodes mécaniques de suppression des mauvaises herbes."

Surtout que la question dépasse la seule problématique du glyphosate. À l'Inra on cherche à développer des modèles d'agriculture performante et productive mais moins dépendante à l'ensemble des produits phytosanitaires.

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