Le Texas s’illustre une nouvelle fois en matière d’enseignement du créationnisme. Cette théorie, selon laquelle un ou plusieurs êtres divins seraient les créateurs de l’univers, s’oppose à celle de l’évolution qui fait consensus parmi les scientifiques.

Par Antoine Bonvoisin, pour La tête au carré.

Drapeau du Texas
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Lundi 27 janvier, quatre candidats républicains alors réunis pour un débat dans le cadre de l’élection du lieutenant-gouverneur en novembre, ont tous affirmé que le créationnisme devrait être inclus dans les programmes scolaires.

Quelques jours plus tôt , l’avocat Zack Kopplin, fervent opposant à cette théorie, dénonçait le fait que des manuels scolaires distribués dans certaines écoles publiques texanes renferment des idées créationnistes. Les écoles concernées seraient au nombre de 65, regroupant plus de 17 000 élèves. Les manuels affirment par exemple que l’évolution est un « dogme », une « théorie non prouvée », et que la connaissance des fossiles est incomplète.

Le Texas a une longue histoire en matière de créationnisme. Récemment, les leçons d’évolution des livres destinés aux établissements d’enseignement secondaire ont échappées de peu à des modifications. En novembre 2013, le département de l’éducation refusait de valider le contenu d’un manuel de biologie sous la pression de ses membres conservateurs. Un lecteur resté anonyme avait relevé des soit disant « erreurs » sur la théorie de la sélection naturelle et le refroidissement climatique.

Un comité d’experts a finalement rejeté ces objections en décembre, mettant fin au débat et permettant aux livres d’être distribués sans changements du contenu.

Le Texas est le deuxième plus gros Etat après la Californie. Lorsqu’un manuel scolaire y est adopté il peut ensuite l’être plus facilement ailleurs. D’où l’importance accordée au problème du créationnisme dans les écoles texanes.

En 2009, les défenseurs de cette théorie créaient déjà la controverse en tentant d’inscrire des principes créationnistes dans les programmes scolaires. Une bataille finalement perdue puisque la loi fédérale américaine en interdit l’enseignement dans les écoles publiques. Ils ont cependant obtenu des amendements, inscrits dans le cahier de normes, affirmant par exemple que les étudiants doivent « analyser, évaluer, et critiquer » les théories scientifiques et qu’ils devraient être exposés à « tous les aspects d’une preuve scientifique ». Le développement de l’esprit critique des élèves est un argument fréquemment avancé pour justifier la remise en question de l’évolution.

A l’échelle des Etats-Unis, selon un sondage publié fin décembre 2013, un tiers des américains rejettent l’idée d’évolution . Les personnes concernées affirment par exemple que « les humains et autres formes vivantes ont existé sous leur état actuel depuis le début ». Un quart des personnes interrogées auraient déclarées qu’ « un être suprême a guidé l’évolution des êtres vivants ». Ces croyances sont en grande partie véhiculées par les groupes religieux, l’église protestante évangélique en tête.

En France, l’enseignement créationniste est peu répandu , mais néanmoins présent dans certaines écoles hors cadre comme les établissements scolaires protestants évangéliques. Par ailleurs, en 2007, l’Atlas de la Création d’Harun Yahya défrayait la chronique. Cet ouvrage de plus de 700 pages réfutait le darwinisme et la théorie de l’évolution, et avait été envoyé en plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires aux collèges, lycées et universités français.

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