900 ruches couvrent les toits de Paris avec un miel bien meilleur grâce à l'absence de pesticides. Une mesure qui deviendra obligatoire pour toutes les communes le 1er janvier.

Heureuse comme une abeille à Paris
Heureuse comme une abeille à Paris © CC Brian Delaney

L'utilisation de produits phytosanitaires dans les espaces publics sera interdite à partir du 1er janvier. Mais à Paris, la mairie a déjà banni les pesticides depuis quelques années : les résultats se constatent dans les 900 ruches présentes sur les toits de la capitale où on produirait un miel de meilleure qualité qu'à la campagne, grâce à l'absence de ces produits sur les plantes butinées.

Volkan Tanaci élève ses abeilles sur le toit de la Recyclerie, Porte de Clignancourt à Paris
Volkan Tanaci élève ses abeilles sur le toit de la Recyclerie, Porte de Clignancourt à Paris © Radio France / Winny Claret

Sur le toit de la Recyclerie, dans 19e arrondissement de Paris, il fait froid et les abeilles dorment. Un repos bien mérité, leur miel a été élu meilleur miel du Grand Paris début décembre. C'est Volkan Tanaci qui le produit. Le secret de la réussite de ses ruches en plein Paris c'est, selon lui, l'absence de pesticides :"En ville, les abeilles sont très heureuses parce qu’on est loin des terres agricoles. Elles se promènent sur trois kilomètres de périmètre autour de leur ruche, elles peuvent aller butiner dans les jardins publics, sur les balcons, les terrasses".

L'apiculteur a commencé il y a sept ans à la campagne. Il perdait chaque année plusieurs millions d'abeilles à cause des pesticides aspergés sur les cultures alentour, explique-t-il : "Le matin, elles partaient pour boire de l’eau et étaient en contact avec les pesticides. Je vivais chaque année une Première guerre mondiale pour mes abeilles".

Heureuse comme une abeille à Paris

La Ville de Paris s'est engagée en 2002 à éliminer les pesticides de ses espaces publics. Pour Jonathan Flandin, spécialiste de l'écologie urbaine à Natureparif, la loi est nécessaire mais pas suffisante : "Il y a des espaces, comme les cimetières ou les terrains de sports, qui ne sont pas concernés par la loi et où les collectivités utilisent encore des produits. C’est un premier pas mais il faudra aller plus loin".

L'interdiction qui entrera en vigueur en janvier est une première étape. Le plus gros reste à faire, alors que 80% des pesticides sont utilisés pour l'agriculture.

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