900 ruches sont installées sur les toits de Paris. Des abeilles qui bénéficient de l’absence de pesticides dans les espaces publics.

Heureuse comme une abeille à Paris
Heureuse comme une abeille à Paris © CC Brian Delaney

L'utilisation de produits phytosanitaires dans les espaces publics deviendra obligatoire pour toutes les communes le 1er janvier 2017. Mais à Paris, la mairie a déjà banni les pesticides depuis quelques années. L’un des bienfaits de cette mesure : la mortalité des abeilles y serait plus faible qu’à la campagne, grâce à la quasi-absence de ces produits sur les plantes butinées.

Volkan Tanaci élève ses abeilles sur le toit de la Recyclerie, Porte de Clignancourt à Paris
Volkan Tanaci élève ses abeilles sur le toit de la Recyclerie, Porte de Clignancourt à Paris © Radio France / Winny Claret

Il fait froid sur le toit de la Recyclerie, dans le 19e arrondissement de Paris, et les abeilles dorment presque toutes. Un repos bien mérité, leur miel a été élu meilleur miel du Grand Paris, début décembre. C'est Volkan Tanaci qui le produit. Le secret de la réussite de ses ruches en plein Paris ? C’est selon lui l'absence de pesticides : "En ville, les abeilles sont très heureuses parce qu’on est loin des terres agricoles. Elles se promènent sur trois kilomètres de périmètre autour de leur ruche, elles peuvent aller butiner dans les jardins publics, sur les balcons, les terrasses".

L'apiculteur a commencé il y a sept ans dans un élevage à la campagne. Il perdait chaque année plusieurs millions d'abeilles. Pour lui, c’est à cause des pesticides aspergés sur les cultures alentour : "Je vivais chaque année une Première guerre mondiale pour mes abeilles. Le matin, elles partent pour boire de l’eau, et elles sont en contact avec les pesticides".

Heureuse comme une abeille à Paris

La Ville de Paris s'est engagée en 2002 à éliminer les pesticides de ses espaces publics, alors que de récentes études confirment le lien entre insecticides néocotinoïdes et la mortalité croissante des butineuses. Pour Jonathan Flandin, spécialiste de l'écologie urbaine à Natureparif, la loi est nécessaire mais pas suffisante : "Il y a des espaces, comme les cimetières ou les terrains de sports, qui ne sont pas concernés par la loi et où les collectivités utilisent encore des produits. C’est un premier pas mais il faudra aller plus loin".

Si les pesticides ne sont pas le seul facteur de mortalité des abeilles, l’interdiction qui entrera en vigueur en janvier est une première étape. Le plus gros reste à faire, alors que 80% des pesticides sont utilisés pour l'agriculture.

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