Des scientifiques ont prouvé l'impact négatif du réchauffement climatique sur les ours polaires : leur métabolisme étant plus approprié pour vivre dans le froid, ces mammifères consomment désormais plus d'énergie qu'ils n'en stockent, jusqu'à mourir d'épuisement.

Le réchauffement climatique a des conséquences pour la survie des ours polaires.
Le réchauffement climatique a des conséquences pour la survie des ours polaires. © AFP / GERAULT Gregory

En décembre, National Geographic avait ému des milliers de téléspectateurs et d'internautes en diffusant les images d'un ours polaire décharné à la recherche de nourriture. Un signal d'alarme supplémentaire montrant la menace que représente le réchauffement climatique pour la survie des ours polaires.

Une étude récente diffusée dans la revue Science explique plus en détail ce phénomène : des scientifiques canadiens et américains ont prouvé que ces mammifères, dont le métabolisme est particulièrement bien adapté au froid, consomment plus d'énergie qu'ils n'en stockent à mesure que la banquise ne cesse de perdre en épaisseur. Avec pour répercussion un amaigrissement généralisé de l'espèce qui menace sa survie.

Chaque année, la taille et l'épaisseur de la banquise diminue. En Arctique, cela représente 14 % de glace en moins par décennie. Pour les ours polaires, l'impact constaté est une diminution de leur nombre : au moins un quart en moins dans le même temps.

10 % de masse corporelle en moins en une semaine

L'étude relève que les ours polaires, obligés de marcher et nager plus longtemps pour se nourrir de phoques, leur plat principal, ont des besoins énergétiques 50 % plus importants qu'imaginés par les chercheurs. 

Ces derniers se sont appuyés sur l'étude de neuf femelles adultes, capturées en mer de Beaufort au large de l'Alaska, dont les analyses biologiques (sang et urines) et le suivi de leur déplacements et de leur activité GPS pendant 8 à 11 jours démontrent qu'elles ne parviennent pas à satisfaire leurs besoins de 12 000 calories par jour.

Pendant la durée de l'étude, quatre des adultes ont perdu  =10 % de leur masse corporelle. Avec pour conséquence, alertent les chercheurs, une dégradation en cascade de la population d'ours blancs, liée à une moins bonne fertilité des femelles soumises à la malnutrition.

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