Le bilan s'alourdit après le séisme de 6,2 en Italie. L'Ombrie est une zone à risques sismiques élevés mais il reste impossible de prévenir les catastrophes.

Italie : Plus de 240 morts après le tremblement de terre de mercredi.
Italie : Plus de 240 morts après le tremblement de terre de mercredi. © Maxppp / GIAN MATTEO CROCCHIONI

L'Ombrie, dans le centre de l'Italie, est une zone sismique connue et redoutée. Le tremblement de terre de mercredi, dont le bilan ne cesse de s'alourdir, démontre que de tels événements ne sont pas pour l'instant prévisibles. Les explications de Jérôme Vergne, sismologue à l’Institut de physique du globe de Strasbourg (CNRS).

Un phénomène chaotique

Certains scientifiques considèrent que le phénomène de la rupture sismique est chaotique et ne peut pas être prévu. Un petit séisme va avoir lieu, puis, de temps en temps, il va générer de manière accidentelle un gros séisme. C'est le principe du grain de sable qui va faire s'effondrer tout un tas de sable. Par définition, ce type d'accident n'est pas prévisible. [Les scientifiques] pensent que l'on n'arrivera jamais à anticiper un séisme important.

Le séisme de 6,2 en Italie a fait au moins 240 morts selon un bilan provisoire
Le séisme de 6,2 en Italie a fait au moins 240 morts selon un bilan provisoire © AFP / Thorsten EBERDING

Un sujet d'étude mais une science jeune

Des chercheurs travaillent à trouver des signaux qui se produisent avant un tremblement de terre. Pour cela, il faut beaucoup d'observation, de matériel (GPS, sismomètres etc.) qui réplique le système de failles, pour essayer de comprendre ce qui se passe. […] Il ne faut pas oublier que la sismologie est une science relativement jeune, et le phénomène étudié est un phénomène complexe, qui plus est sous-terrain.

Les réseaux de capteurs sismologiques, très présents en Italie, ne peuvent pas encore servir à faire de la prévision mais permettent tout de même d'engranger un ensemble de connaissances scientifiques qui nous permettent de progresser dans notre compréhension du mécanisme de déclenchement des séismes.

À la recherche du signal précurseur

On n'a pas trouvé LE signal précurseur commun à tous les séismes, mais on a observé des milliers de micro-séismes (des répéteurs) qui se sont produits avant plusieurs gros séismes, et donc on essaie de comprendre pourquoi ces micro-séismes ont lieu. Mais, par exemple, pour le séisme de mercredi en Ombrie, il n'y a pas eu de micro-séismes avant le gros tremblement de terre de magnitude 6,2 et ses répliques.

L'Italie, pays d'Europe le plus équipé en capteurs sismologiques
L'Italie, pays d'Europe le plus équipé en capteurs sismologiques © Visactu