En Europe centrale, les femmes pourraient avoir joué un rôle déterminant dans les changements culturels à l'âge du bronze.

"Tete de femme" , sculpture de terre cuite de la culture des forets de la Russie européenne.  3eme-2eme millenaire avant JC. Musée de l'Ermitage, Saint Petersbourg
"Tete de femme" , sculpture de terre cuite de la culture des forets de la Russie européenne. 3eme-2eme millenaire avant JC. Musée de l'Ermitage, Saint Petersbourg © AFP / FineArtImages/Leemage

Une nouvelle étude allemande, basée à la fois sur des restes archéologiques et l'étude d'ADN ancien montre que le brassage des populations vient des femmes plutôt que des hommes. Et avec elles, ces migrantes apportent leur savoir faire, notamment certaines céramiques.

Les archéologues en sont arrivés à cette conclusion en s'interrogeant sur la continuité ou les remplacements de population pendant la transition du Néolithique à la L'âge du bronze en Europe centrale à la fin du troisième millénaire av. J.-C. Des analyses ont démontré que les sépultures d'Europe centrale sont celles d'individus qui ont jusqu'à 75% de leur ascendance au sein des populations vivant dans les steppes du nord. Les raisons exactes de l'expansion des pasteurs des steppes à l'ouest et à l'est sont actuellement inconnus. Des études récentes, cependant, suggèrent qu'une éventuelle pandémie pourrait avoir déclenché ce processus en diffusant une maladie voisine de la peste bubonique.

Sur une plus petit échelle géographique, les chercheurs ont mis au jour le rôle crucial de la mobilité individuelle, souvent liée aux femmes. Oublions les poncifs sur les hommes voyageurs.

Elles auraient donc eu un rôle clé dans la transmission des idées et des nouvelles techniques à l'âge de bronze. Car ce sont elles qui ont bougé et quitté leur village de naissance. Un déplacement de 300 à 500 km pour fonder leur famille.

Ces migrations ont duré pendant 800 ans, à la fin du néolithique et au début de l'âge de bronze (entre 4500 et 3650 ans en arrière). C'est ce que montre l'équipe emmenée par Philipp Stockammer de l'université de Munich. Pour arriver à cette conclusion, les archéologues ont étudié l'ADN de 84 individus. Ils ont découvert que 2/3 des femmes venaient d'ailleurs, tandis que les hommes étaient tous des locaux. Les sépultures de ces femmes dans la vallée de Lech au Tyrol, nullement différentes montrent qu'elles étaient bien intégrées.

Cette mobilité humaine importante à l'âge de bronze pourrait expliquer la rapide dissémination de la céramique, notamment la culture dite campaniforme, des pots en forme de cloche inversée ornée qu'on trouve partout en Europe centrale à l'époque. Et la métallurgie ? Les premiers forgerons seraient-ils des femmes ? Pour l'instant la science ne dit rien là-dessus.

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