Le prix Nobel de chimie récompense cette année les découvertes de "machines moléculaires" de trois chercheurs, dont le Français Jean-Pierre Sauvage.

Jean-Pierre Sauvage, l'un des trois chimistes récompensés cette année par le Prix Nobel, a été le premier à penser ces "nanomachines"
Jean-Pierre Sauvage, l'un des trois chimistes récompensés cette année par le Prix Nobel, a été le premier à penser ces "nanomachines" © AFP / PATRICK HERTZOG

Le prix Nobel de chimie a été attribué mercredi au Français Jean-Pierre Sauvage, au Britannique Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard Feringa, pères des minuscules "machines moléculaires". Ces molécules, chargées en énergie, peuvent aujourd'hui effectuer des actions simples telles que des rotations ou des déplacements sur un axe et préfigurent les nanorobots du futur.

Imaginez un lifting biologique, ou encore une aide à la rééducation musculaire grâce à la biologie moléculaire. Ces machines moléculaires pourraient avoir des actions ciblées, se déplacer dans le corps humain, recréer le mouvement d'un muscle, déformer ou encore reformer une molécule qui se serait affaissée.

Faire rouler une "voiture" minuscule

Jean-Pierre Sauvage, 71 ans, professeur à l'Université de Strasbourg, a été le premier à penser ces nanomachines, qu'il présente comme un "assemblage moléculaire capable de se mettre en mouvement de manière contrôlée en réponse à divers signaux : lumière, changement de température, etc". "De tels systèmes existent en grand nombre dans les cellules vivantes, et interviennent dans tous les processus biologiques importants", avait-il expliqué en 2008.

À la base de sa découverte, il a lié deux molécules en forme d'anneau pour former une chaîne, appelée "catenane".

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Une expérience développée ensuite par Fraser Stoddart, 74 ans, professeur à la Northwestern University (États-Unis). Il a créé un "rotaxane", enfilant une bague moléculaire sur un axe moléculaire fin et démontrant que la bague était en mesure de se déplacer le long de l'axe. Cette découverte lui a permis de créer un ascenseur et un muscle moléculaires.

Bernard Farriga, 65 ans et professeur d'université à Groningue, aux Pays-Bas, a quant à lui été le premier à développer un "moteur moléculaire". Il a ainsi réussi à faire rouler une "voiture" minuscule, en faisant effectuer des rotations aux quatre ensembles moléculaires qui constituent les roues.

Selon le jury, à terme, ces machines miniatures "seront très probablement utilisées dans le développement d'objets comme les nouveaux matériaux, les capteurs et les systèmes de stockage d'énergie".

La création d'ordinateurs moléculaires qui permettraient de stocker et traiter l'information au niveau moléculaire, ou des robots microscopiques, capables de remplir une grande variété de fonctions dans la médecine ou la vie quotidienne, comptent parmi les applications potentielles de ces machines.

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