Le prix Nobel de médecine a été décerné ce lundi à deux chercheurs en récompense de leurs travaux sur les capacités de système immunitaire du corps humain à se défendre contre des cancers agressifs. Ils ont notamment réussi à contourner les stratégies de défense pour renforcer l'efficacité des traitements.

James P. Alisson et Tasuku Honjo ont été récompensé du prix Nobel de médecine 2018
James P. Alisson et Tasuku Honjo ont été récompensé du prix Nobel de médecine 2018 © AFP / Jonathan NACKSTRAND

La chimiothérapie et la radiothérapie ne sont plus les seules armes dont disposent les médecins pour soigner le cancer. Avec les avancées dans l'immunothérapie, pour lesquelles ont été récompensé lundi l'Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo du prix Nobel de médecine, c'est une nouvelle étape dans la lutte contre cette maladie.

Lors d'un cancer, les cellules du système immunitaire ne parviennent pas à le protéger des agressions. Plutôt que de trouver des moyens de renforcer positivement le système immunitaire, comme on a essayé de le faire jusqu'ici, "ces deux chercheurs ont pensé à bloquer les signaux négatifs" explique le professeur Caroline Robert, cancérologue à l'Institut Gustave Roussy. La médecin a été l'une des premiers à faire bénéficier de ces méthodes dans le traitement du mélanome.

Rémissions totales

En "lâchant les freins" qui viennent affaiblir les malades pendant le traitement et en appuyant en même temps "sur les bonnes pédales d'accélération du système immunitaire", selon l'expression même du jury du Nobel, Caroline Robert a constaté auprès de ses malades les succès de l'immunothérapie : 

"C'était un premier pas extrêmement important. Ce qui est remarquable, c'est que dans un certain nombre de cas, on obtient des rémissions complètes et on peut même arrêter le traitement. Ce sont des choses que l'on ne voyait pas avant."

Outre le mélanome, l'immunothérapie est efficace aussi sur d'autres cancers comme le poumon. Même si on est loin encore d'une efficacité à 100 %, il y a, pour les malades comme pour les soignants, un avant et un après immunothérapie. 

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