Dewayne Johnson réclame plus 400 millions de dollars à Monsanto qu'il accuse d’être responsable de son cancer en phase terminale. C'est la première fois que le géant agrochimique se retrouve sur le banc des accusés aux États-Unis. Un procès qui pourrait faire jurisprudence.

Le plaignant Dewayne Johnson écoute son avocat parler de son état de santé lors du procès de Monsanto à San Francisco, Californie, le 9 juillet 2018.
Le plaignant Dewayne Johnson écoute son avocat parler de son état de santé lors du procès de Monsanto à San Francisco, Californie, le 9 juillet 2018. © AFP / Josh Edelson

"Le jour de rendre des comptes est venu !" L'avocat Brent Wisner se montre confiant et offensif alors que les jurés ont commencé leurs délibérations ce mercredi dans le procès Monsanto. Son client n'est autre que le plaignant Dewayne Johnson, un jardinier atteint d'un cancer en phase terminale. Cet Américain de 46 ans, père de deux enfants, a vaporisé l'herbicide Roundup entre 2012 et 2014 dans le cadre de son travail dans les jardins des écoles californiennes. Après avoir contracté un lymphome non hodgikien incurable, diagnostiqué en 2014, il réclame plus de 400 millions de dollars de dommages et intérêt mais surtout en sommes punitives au géant agrochimique.

Les délibérations peuvent maintenant durer plusieurs jours et possiblement jusqu'à vendredi.

Pas de lien entre cancer et glyphosate pour Monsanto

Pendant plus d'un mois, les deux parties se sont affrontées à coup d'études scientifiques contradictoires, comme c'est souvent le cas à propos du glyphosate. L'herbicide controversé est par exemple classé sur une liste de produits cancérigènes par la Californie, où se déroule le procès, à San Francisco, mais pas par l'agence fédérale américaine de protection de l'environnement. Dewayne Johnson, lui, dit qu'il n'aurait "jamais" utilisé du Roundup s'il avait sur que le produit était possiblement dangereux.

Ce que disent les preuves est clair, son cancer n'a pas été causé par le Roundup.

Pour Monsanto, qui vient d'être racheté par l'allemand Bayer, il n'y a aucun lien entre cancer et glyphosate. L'avocat George Lombardi, qui défend le géant agrochimique, retient lui que le diagnostic de Dewayne Johnson est intervenu très peu de temps après l'utilisation des produits et que donc, la maladie était plus vraisemblablement antérieure.

Des procès toujours en cours en France

Plébiscité par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût, le glyphosate fait particulièrement polémique en Europe et notamment en France, où l'Assemblée Nationale a refusé d'inscrire son interdiction dans la loi agriculture et alimentation en mai 2018. Le même mois, les parents de Théo Grataloup assignent Monsanto devant le tribunal de Grande Instance de Vienne (Isère) pour des malformations dues au glyphosate. 

L'agriculteur Paul François vient lui de se relancer dans une bataille juridique, plus de dix ans après avoir été intoxiqué par un autre herbicide de Monsanto. La firme américaine avait été condamnée en 2012, mais la Cour de Cassation a depuis annulé cette décision pour erreur de forme. Le céréalier a fait appel.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.