L'Agence spatiale européenne a franchi une nouvelle étape dans son programme Copernicus. Un satellite pour observer l'atmosphère a été lancé ce 13 octobre depuis la Russie.

Le satellite Sentinelle 2B a été lancé le 7 mars 2017 depuis la base spatiale de Kourou en Guyane.
Le satellite Sentinelle 2B a été lancé le 7 mars 2017 depuis la base spatiale de Kourou en Guyane. © Maxppp / Maxppp

Décollage réussi pour Sentinelle 5P. Le satellite européen dédié à la surveillance de l'atmosphère terrestre a été lancé ce vendredi, depuis le cosmodrome de Plessetsk dans le nord de la Russie.

Ce satellite fait partie du programme d'observation de la Terre Copernicus, créé en 1998 et piloté par l'Agence spatiale européenne. Dans un communiqué, celle-ci explique que Sentinelle 5P pourra "cartographier quotidiennement l'ensemble de la planète" . Les informations recueillies pourront permettre d'établir des prévisions de qualité de l'air et de fournir "une aide à la décision" sur les problématiques liées à la pollution.

Cartographier la planète

Sentinelle 5P mesurera notamment les concentrations d'aérosols et de nombreux gaz comme le dioxyde d'azote, l'ozone, le méthane ou encore le monoxyde de carbone. Autant de gaz qui influent sur la santé et sur le climat. Ce n'est pas le premier satellite lancé dans le cadre de ce programme (Sentinelle 1A a été envoyé en 2014) et d'autres prendront le relais dans les prochaines années (Sentinelle 6 permettra d'étudier les interactions entre l'océan et l'atmosphère).

Regardez la vidéo explicative de l'Agence spatiale européenne :

Un satellite qui traque la pollution... et qui la provoque ?

Malgré l'avancée significative que peut représenter ce satellite dans la lutte contre la pollution, son lancement a été vivement critiqué ces dernières semaines, à commencer par les Inuits du Canada et du Groenland. Ils ont fait pression sur les autorités locales pour annuler le tir. En cause : la fusée russe Rockot qui a mis en orbite Sentinelle 5P.

Après la mission accomplie, des étages de la fusée se détachent et se désintègrent pour retomber dans les zones libres de glace, notamment dans la mer de Barents en plein Océan Arctique. C'est là que vivent les poissons et les mammifères marins que chassent et pêchent les Inuits pour se nourrir. Or, les morceaux désintégrés contiennent des résidus de carburant notamment l'hydrazine.

Tant que les Russes utiliseront de l'hydrazine, l'Agence spatiale européenne doit renoncer à ce type de lanceur " - Michael Byers, chercheur canadien

Au début du mois, Michael Byers, chercheur canadien, a rendu publique une étude menée depuis quinze ans, sur ces vols de fusées qui retombent en morceaux contaminés et sur l'hydrazine. Il s'agit d'une substance hautement"cancérigène", soupçonnée d'être "impliquée dans la dégradation de la santé des enfantsqui vivent près de la station de Baïkonour au Kazakhstan", rappelle-t-il dans un article publié dans la revue Polar Record.

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