Découverte au beau milieu d'Alpha du Centaure, un trio d'étoile dont fait partie son "soleil" Proxima, cette exoplanète a des caractéristiques particulièrement intéressantes.

Téléscopes paraboliques dans le désert d'Atacama
Téléscopes paraboliques dans le désert d'Atacama © Reuters / Victor Ruiz Caballero

Proxima B (la planète) tourne autour de Proxima (l'étoile). Elle est tellurique, donc faite de roches, comme la Terre et a donc un sol solide. Elle fait 1,3 fois la masse de la notre planète, peut être plus, mais ce n’est pas une géante.

Et si on dit qu’elle est "habitable", c'est parce qu'elle n'est ni trop proche, ni trop loin de son étoile, ce qui rend possible (mais pas encore vérifié) la présence d’eau liquide, indispensable à la vie. Habitable ne veut donc pas dire qu’il y a de l’eau : pour ça, il faudrait aussi qu'elle possède une atmosphère, or cela n’a pas encore été détecté.

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Parmi les scientifiques impliqués, les Français se sont intéressés aux conditions d’habitabilité, justement. Ils ont élaboré des scénarios virtuels pour voir ce qui serait possible, et ont aussi tenté de reconstituer le passé de la planète en fonction de son étoile. Car Proxima du centaure est une naine rouge, c’est-à-dire une étoile très brillante pendant son enfance mais dont la luminosité décroit depuis. À l'inverse, le Soleil rayonne toujours plus.

Bientôt des images ?

Donc s’il a fait très chaud dans le passé, cela veut dire que la planète était soumise à un fort rayonnement. Si l’eau était présente, cela induit une évaporation selon toute logique. L’eau serait-elle quand même restée en petite quantité ? Des océans, on serait passé à des lacs et des mers. Si les débuts étaient très secs, l’eau a pu quand même émerger et se maintenir.

La planète met onze jours à faire le tour de l’étoile. Il se peut qu’elle n’ait qu’une seule face exposée au soleil (comme la lune). Il ferait donc froid d’un côté, chaud de l’autre.

Bref, beaucoup d’inconnues encore, mais une chance folle : à cette distance (4,3 années lumière), les observations peuvent se faire en continu et surtout, la photographie est à portée de main. Ce sera dans les cordes du futur télescope européen EELT, en construction au Chili et dont l’achèvement est prévu d’ici 10 ans.