Une nouvelle étude américaine accuse le Round Up de conséquences dramatiques sur les colonies d'abeilles. Les chercheurs affirment que le glyphosate, composant de ce pesticide, augmenterait la mortalité des butineuses en s'attaquant à leur flore intestinale.

Un apiculteur de Loire-Atlantiques montre une partie de ses abeilles décimées, selon lui, par l'effet des pesticides
Un apiculteur de Loire-Atlantiques montre une partie de ses abeilles décimées, selon lui, par l'effet des pesticides © AFP / FRANK PERRY

Jusqu'à présent ce sont les néonicotinoïdes (désormais interdits en France, sauf dérogation) qui étaient accusés d'être des tueurs d'abeilles. Mais voilà que le glyphosate, l'herbicide le plus utilisé au monde, est lui aussi est pointé du doigt pour expliquer l'hécatombe dans les ruches.

Une équipe de biologistes de l'université du Texas (Austin, Etats-Unis) publie une étude dans la revue "Proceedings of the National Academy Academy of Science (PNAS)". Son résultat montre que l'exposition des abeilles au glyphosate, à des teneurs que l'on retrouve dans le nectar des abeilles (entre 5 et 10 milligrammes par litre), altère leur microbiote, leur flore intestinale et les rend plus vulnérables à une bactérie pathogène : un peu comme si on favorisait la prolifération de mauvaises bactéries au détriment des bonnes.

Pour les abeilles traitées au glyphosate, puis exposées à la bactérie opportuniste (Serrata marcesencens), la mortalité devenait plus importante.  Sur son site internet, Monsanto continue de clamer haut et fort que le glyphosate n'est pas nocif pour les abeilles et renvoie vers d'autres études.

En attendant, cette nouvelle publication américaine pose une question plus large : si le glyphosate agit sur le microbiote intestinal des abeilles, quid de la flore intestinale humaine ?

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