Les manchots royaux seront bientôt condamnés à l'exil, selon une étude à laquelle ont participé des chercheurs français. Ces oiseaux qui vivent sur les îles de l'Antarctique voient leur principal aliment, les poissons, se raréfier de plus en plus. Sauront-ils s'adapter ? Iront-ils ailleurs ?

Colonie de manchots royaux de la Baie du Marin, Île de la Possession, Archipel de Crozet
Colonie de manchots royaux de la Baie du Marin, Île de la Possession, Archipel de Crozet © © C. Le Bohec (CNRS / IPEV / CSM)

Les manchots royaux bientôt condamnés à s'exiler : c'est la conclusion d'une étude qui paraît ce mardi dans la revue scientifique Nature Climate Change, et à laquelle ont participé des chercheurs français de l'Institut Paul-Emile-Victor et du CNRS. 

Ces oiseaux (qui ne volent pas) vivent exclusivement en Antarctique : 70% de leurs colonies se trouvent sur les archipels français de Crozet et Kergulen. Comme leur garde-manger, des poissons-lanternes pour une bonne part, se trouve sur le front polaire antarctique, c'est-à-dire la limite entre les eaux froides et les eaux glacées, ils ont l'habitude de nager jusqu'à 800km aller-retour lorsqu'ils partent à la pêche.

De plus en plus de distance pour se nourrir

Mais aujourd'hui, ils font face à deux menaces : d'une part, la surpêche, qui diminue le nombre de poissons-lanternes en vie, et d'autre part, le réchauffement climatique, qui éloigne de plus en plus le front polaire, et rallonge donc d'autant plus la distance à parcourir pour se nourrir.

Que vont pouvoir faire ces animaux pour ne pas périr d'un manque de nourriture ? Chercher à coloniser d'autres territoires est une option que les scientifiques considèrent comme envisageable, car ces animaux sont capables de s'adapter : c'est ce qu'a prouvé une étude de leur génome. 

Une reproduction lente

Les chercheurs ont ainsi reconstitué la démographie des manchots royaux sur 50 000 ans : "Il y a déjà eu une chute drastique de leur population il y a 20 000 ans", explique la chercheuse Céline Le Bohec, "mais ce qui change la donne aujourd'hui, c'est la rapidité du changement climatique". 

En effet, ces oiseaux se reproduisent lentement : ils ont un petit tous les 16 mois, qui à son tour ne se reproduira qu'au bout de trois ans s'il a vaincu le froid, les prédateurs et la première sortie en haute mer. Pour les chercheurs, il est donc urgent de prendre des mesures de conservation au plus vite, en commençant par limiter la surpêche et l'émission des gaz à effet de serre. 

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