Un scientifique – une œuvre d’art : nom de code USUOA . Ici un astrophysicien laisse parler la fibre sensible devant l’œuvre d’un artiste. On débranche la raison, on met les électrodes sur les cases souvenirs et sensations. Jeu de miroir. Deuxième de la série.Gérard Azoulay commente une lithographie de Roberto Matta.

Gérard Azoulay est responsable de l'Observatoire de l'Espace au CNES. J'imaginais bien que je pourrais l'emmener en voyage avec moi dans une œuvre d'art. J'attendais depuis longtemps. Je ne suis pas déçue. Il a sous ses yeux en permanence dans son bureau du CNES en plein Paris une lithographie de Roberto Matta. Cette œuvre a été faite par Matta à la demande de Gérard Azoulay pour récompenser les participants à un programme spatial. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir vécu une telle expérience avec l'un des plus grands artistes du XXe siècle.

Gérard Azoulay(avec Christine Siméone )

Matta - Voies Nucléaires
Matta - Voies Nucléaires © DR

Voir le blog² de La Tête au Carré

Gérard Azoulay et Roberto Matta >

Roberto Matta

Né en 1911 à Santiago du Chili, Roberto Matta étudie l'architecture avant de s'installer en France en 1933. Il travaille avec Le Corbusier puis à Londres avec Walter Gropius. À la fin des années 30, il voyage dans toute l'Europe. Ses nombreuses rencontres - Alberti, Garcia Lorca, Henry Moore, Magritte, Gabriela Mistral, Miro, Picasso, Neruda – vont parfaire sa formation intellectuelle, politique et artistique. Par l'intermédiaire de Salvador Dali, il rejoint la mouvance surréaliste autour d'André Breton et utilise l'automatisme pour faire jaillir le subconscient dans ses créations. Ses œuvres sont exposées pour la première fois à New York, où il s'est réfugié pour fuir la guerre. Il s'imprègne de l'expressionnisme américain et redécouvre l'art précolombien. Sa première exposition monographique se tient à Paris en 1947. Exclu du groupe surréaliste, il retourne au Chili en 1948, mais coupera définitivement tout lien avec son pays d'origine lors du coup d'état de 1973. De retour en Europe, il s'installe définitivement en Italie, jusqu'à sa mort en 2002. Artiste engagé, Roberto Matta prend part aux débats qui agitent son temps : l'utilisation de l'arme nucléaire (il illustre les Lettres sur la bombe atomique de Denis de Rougemont publiées en 1946), le procès des Rosenberg (Les Rosenbelles , 1952), la torture en Algérie (La Question, Djamila , 1958), la répression dans l'Espagne franquiste (Les Puissances du désordre en hommage à Julian Grimau en 1964) ou la guerre du Vietnam (Burn, baby burn , 1965-1967).

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.