Les corticoïdes, dont l'approvisionnement était devenu difficile ces derniers mois, reviennent progressivement dans les pharmacies mais sans qu'on puisse encore parler de retour à la normale. Mais ce ne sont pas les seuls médicaments dont l'approvisionnement pose problème.

De plus en plus, l'Agence du médicament doit jongler avec des tensions d'approvisionnement pour tout un tas de molécules.
De plus en plus, l'Agence du médicament doit jongler avec des tensions d'approvisionnement pour tout un tas de molécules. © Getty / Westend61

Utilisés contre les inflammations et les allergies, ces médicaments à base de cortisone, du type Solupred, étaient devenus compliqués à se procurer dans les officines et les pharmaciens avaient dû, dans certains cas, en rationner la distribution aux patients les plus sévèrement atteints. 

Mais les corticoïdes ne sont pas les seuls médicaments concernés par les pénuries ponctuelles. De plus en plus, l'Agence du médicament doit jongler avec des tensions d'approvisionnement pour tout un tas de molécules.

Chaque année le nombre de médicament difficiles à se procurer augmente 

Vaccins, corticoïdes, antibiotiques, médicaments contre Parkinson, anticancéreux... En 2008, moins d'une cinquantaine de médicaments étaient signalés en rupture de stock ou en tension. Le chiffre est monté à plus de 400 en 2016, plus 500 en 2017 et on a dépassé les 800 en 2018. Ça ne veut pas dire que les patients sont restés sans rien. À chaque fois qu'un signalement est fait, l'Agence du médicament cherche des solutions, elle utilise des médicaments de substitution, elle importe la molécule depuis d'autres pays, elle contingente aussi parfois, en réservant les stocks pour les patients les plus sévères.

Certaines molécules sont plus sujettes au ruptures de stock 

Les anti-infectieux, les médicaments du système nerveux et les anticancéreux sont les trois classes de médicaments les plus sujettes aux ruptures. Des ruptures qui ont des causes multiples : la demande mondiale de médicaments qui augmente sans que les capacités de production suivent le rythme. Les prix proposés en France par l'assurance maladie qui sont relativement bas, ce qui peut encourager certains répartiteurs à vendre plus cher ailleurs, à l'étranger, dans des pays plus offrants -ce qui reste malgré tout illégal-. Enfin la production est souvent délocalisée dans des pays asiatiques qui travaillent à flux tendus. Il suffit d'un problème dans la chaîne de production pour paralyser les livraisons. 

En septembre, le ministère de la Santé réunira les acteurs de la filière pour chercher des solutions.

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