La saison des pollens débute. Plus d’un Français sur 10 est concerné par ce qu’on appelle le "rhume des foins". Or certains symptômes d’allergies peuvent être confondus avec ceux du Covid-19. Comment les distinguer ?

Les allergiques subissent déjà chaque année la saison des pollens
Les allergiques subissent déjà chaque année la saison des pollens © Maxppp / Lionel VADAM/PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Les yeux qui pleurent, la gorge qui pique, le nez bouché… La saison des allergies aux pollens débute, synonyme pour beaucoup de Français de rhinites, de conjonctivites et d’asthme. Or certains symptômes, comme la toux et le sifflement, peuvent être confondus avec ceux du Covid-19.

La Fédération française d’allergologie appelle les personnes qui se savent allergiques "à bien évaluer  la nature des symptômes ressentis et à ne penser au Covid-19 que si ces derniers sont différents de ceux habituellement ressentis"

► DOCUMENT - L'appel de la Fédération française d'allergologie (pdf)

L’Association de patients Asthme et allergies a reçu beaucoup d’appels inquiets sur le risque de confusion entre allergie, asthme et Covid-19. Son numéro vert infos service (le 0800 19 20 21) est désormais saturé, mais l’association informe et rassure via son site internet réactualisé en permanence.

Des symptômes permettent de faire la différence

Elle rappelle ainsi qu’une rhinite allergique aux pollens ne donne pas de fièvre, contrairement à la majorité des cas de Covid-19 et plus généralement : "Dans le cas d’atteinte par le coronavirus, il y a de la fièvre, une toux sèche, une grande fatigue, des maux de tête, des courbatures. L’autre élément différenciant peut être le caractère inhabituel et différent de la toux par rapport aux années précédentes."

Autre différence ? Les allergies de printemps s’accompagnent souvent de démangeaisons au niveau des yeux, du nez et de la gorge, et même parfois à l’intérieur des conduits auditifs dans les oreilles. Ce symptôme de démangeaison n’existe pas pour le virus.

Infographie tirée du site gouvernement.fr
Infographie tirée du site gouvernement.fr

Plus complexe pour les asthmatiques

En revanche pour les asthmatiques, c’est plus compliqué de faire la différence, reconnait le docteur Isabelle Bosset, présidente du Syndicat français des allergologues : "Pour l’asthme ce sont plutôt des sifflements à l’expiration. Alors que pour le Covid-19, en plus d’une toux qu’on n’arrive pas à arrêter, il y a une gêne respiratoire  globale, c’est-à-dire une gêne à la fois à l’expiration et à l’inspiration. Dans ce cas, ça peut (même si ça ne l’est pas forcément) être le Covid."

Les asthmatiques sévères doivent tout particulièrement se surveiller et être attentifs à l’évolution de leur état. Le Haut conseil de la santé publique a classé les personnes avec une pathologie respiratoire chronique dans la liste des populations fragiles face au Covid-19 : elles ont plus de risque de développer une forme aigüe de la maladie.  

Un mot d'ordre : continuer le traitement habituel 

La consigne est la même pour les allergiques et les asthmatiques, pour passer au mieux cette période d’épidémie : il faut prendre son traitement de fond habituel.

Les personnes allergiques aux pollens ont des muqueuses nasales un peu plus fragiles et inflammatoires mais elles n’ont pas plus de risque d’attraper le Covid-19 à condition de respecter leur traitement habituel, insiste Isabelle Bosset : "Quand on a une rhinite allergique, à partir du moment où elle est bien contrôlée [autrement dit, bien traitée, NDLR] avec les médicaments habituels, il n’y a pas de risque particulier."

D’où l’importance pendant cette saison des pollens de bien suivre tous les jours son traitement, prescrit par un médecin, conclut l'allergologue : "Son antihistaminique, ses pulvérisations nasales même de corticoïdes, éventuellement des gouttes pour les conjonctivites et bien entendu les asthmatiques ne doivent pas  arrêter leur traitement de fond."

"Une infection Covid-19 chez l'asthmatique sera d'autant moins grave que l'asthme est stabilisé."

Dans un communiqué, les pneumologues de l’Association Asthme et Allergies rappellent eux aussi l’importance de maintenir les traitements de fond pour contrôler son asthme, y compris avec de la cortisone par voie orale, en cas d’exacerbation de l’asthme ou d’asthme sévère :

"Contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (dits "AINS" tels que l'aspirine ou l'ibuprofène), les corticoïdes par voie générale (Solupred, Celestene, Prednisolone, Prednisone...) ne sont pas associés à une aggravation des infections par le SRAS-Covid-2 ou le Covid-19. Il est donc important de garder la même attitude que d'habitude vis-à-vis des crises et exacerbations d'asthme, et de les traiter par quelques jours de corticoïdes par voie générale."

Le confinement ne met pas forcément à l’abri des pollens

C’est l’un des paradoxes de ce confinement : on pourrait croire que les personnes allergiques sont moins exposées aux pollens. C’est oublier qu’une majorité de Français ont un jardin ou un balcon. L’allergologue Isabelle Bosset, qui exerce à la Rochelle en téléconsultation en ce moment, constate que nombre de ses patients ont plus de symptômes allergiques cette année, parce qu’ils passent beaucoup plus de temps dehors ou dans leur jardin qu’en temps normal, lorsqu’ils sont au travail ou à l’école.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.