Une fusée SpaceX lancera dimanche quatre astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS), une première mission "opérationnelle" de six mois qui concrétise la reprise des vols habités depuis les États-Unis en mai dernier, après neuf ans d'interruption et de dépendance envers la Russie.

L'équipage est composé des Américains Shannon Walker, Victor Glover et Michael Hopkins, et du Japonais Soichi Noguchi
L'équipage est composé des Américains Shannon Walker, Victor Glover et Michael Hopkins, et du Japonais Soichi Noguchi © AFP / Nasa / Joel Kowsky

Le lancement prévu à l'origine samedi, a été reporté à dimanche, en raison des vents dans la zone. Dimanche (lundi 01H27 heure de Paris), trois astronautes américains et un Japonais prendront place à bord du vaisseau Crew Dragon. C'est une étape importante : le chef de la NASA qui soustraite ces allers retours vers l'ISS aux entreprises privées désormais, a déclaré que l'agence reprenait désormais les vols réguliers vers l'espace. 

Pour Crew Dragon, ce sera le deuxième vol habité mais le premier "certifié"

L'Amérique est de retour. Fini le temps où elle dépendait totalement des Russes et de leur Soyouz pour envoyer des astronautes dans l'espace. Crew Dragon a été certifié mardi 10 novembre. Bon pour un service régulier en somme. SpaceX avait préalablement réussi une mission de démonstration de mai à août, deux astronautes ayant été acheminés vers l'ISS puis ramenés sur Terre sans encombre.

La capsule avant-gardiste, mise au point par l'entreprise Space X, est désormais celle que les américains privilégient. C'est aussi celle qu'empruntera Thomas Pesquet pour sa prochaine Mission Alpha l'an prochain. Le spationaute souligne le fait que l'utilisation de cette nouvelle capsule implique un vrai besoin d'apprivoiser un nouveau matériel, une nouvelle façon de faire, face aux Soyouz, "qui vole depuis 40 ans, avec 200 vols, et une confiance qui fait qu'on procède toujours de la même manière, parce qu'on sait que ça marche".  

"Là, c'est une capsule nouvelle, elle n'a volé qu'une fois, on découvre encore un petit peu", explique-t-il, même si le booster Falcon 9 a déjà bien volé. "C'est pour cela qu'on a encore tendance à beaucoup calculer, analyser, prendre de précautions. On le voit sur les conditions de lancement, pour la météo : on est très frileux, à Cap Canaveral, dès qu'il y a un petit peu de vent ou d'orage à proximité, on interrompt le lancement, là où les Russes lancent dans le blizzard sans aucun problème", ajoute Thomas Pesquet. 

"Une fois qu'on aura lancé dix, quinze, vingt capsules, on pourra réduire les marges, mais pour l'instant on prend encore beaucoup de précautions".

Se familiariser avec un vaisseau dernier cri

La mission, initialement programmée pour mars, pourrait être retardée de quelques mois, crise du Covid oblige. L'astronaute est actuellement en entrainement à Houston pour se familiariser avec son futur équipage et ce vaisseau ultra moderne, dépourvu de joystick ou d'interrupteur, élément important pour le pilote de ligne qu'est Thomas Pesquet, car Crew Dragon se pilote via des écrans. 

Il peut emmener quatre personnes à la fois dans l'espace. C'est ainsi que dès les prochains jours, l'ISS affichera complet puisque ces quatre nouveaux visiteurs vont cohabiter avec trois astronautes déjà présents. Sept personnes, c'est une de plus que la jauge habituelle. Il va falloir se serrer pour dormir...

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