Pour sa première conférence de presse depuis la station spatiale internationale, l'astronaute français Thomas Pesquet a rassuré sur sa santé et son adaptation à la vie du bord.

Thomas Pesquet depuis l'ISS (capture d'écran)
Thomas Pesquet depuis l'ISS (capture d'écran) © proxima.cnes.fr

Après son décollage de Baïkonour jeudi et son arrivée dimanche dans la station spatiale internationale (ISS), le français Thomas Pesquet avait donné quelques nouvelles sur son compte twitter.

Mais ce jeudi, il offrait sa première conférence de presse en direct à des journalistes européens réunis au Centre des astronautes européens, à Cologne en Allemagne. La reporter Gaële Joly s'y trouvait pour Radio France.

"On s'est adaptés très vite, on n'a pas été malade du tout, tout le monde se sent hyper bien", raconte Thomas Pesquet pour qui "finalement, travailler en impesanteur c'est hyper naturel". Seul désagrément, "je suis un peu gonflé parce que l'afflux du sang et des fluides vers le cerveau , au lieu de tomber dans les jambes, mais c'est normal, ça va se résorber au bout de quelques semaines ou quelques mois".

L'intégralité de l'interview est à retrouver ici.

"Comme un voyage d'affaires de 6 mois"

Thomas Pesquet y revient sur les conditions de vie dans l'ISS, jouant parfois avec une planisphère en impesanteur, apparemment déjà très à l'aise dans l'environnement qui sera le sien pour les six prochains mois. Rassurant ceux qui l'interrogent sur ses contacts avec ses proches restés à Terre, il dédramatise: "Je peux leur parler tous les jours, avec le téléphone IP. C'est comme un voyage d'affaires qui va durer 6 mois! Et chaque week-end je vais pouvoir faire une vidéoconférence avec mes proches, pour leur faire découvrir l'ISS". Pesquet reconnaît que depuis son arrivée, avec ses co-équipiers russe et américaine, dans la station, il n'a pas beaucoup eu le temps de profiter de la vue: "je compte bien passer le week-end installé dans la cupola", la coupole de verre panoramique située à une extrémité du bâtiment spatial.

Pas le temps non plus de s'ennuyer: chaque journée est bien remplie, pour moitié par des travaux de maintenance de la station, et pour l'autre moitié d'expériences scientifiques qui sont la raison d'être de cette mission. Pour ce qui est des menus travaux du bord, le français raconte par exemple que deux jours après son arrivée dans l'ISS, il a fallu réparer les toilettes qui étaient hors d'usage... ce qui a pris une journée de travail.

Malgré ce contretemps, Pesquet et son équipe se sont mis au travail scientifique: lui a commencé dès son premier jour à bord à installer sur les parois de la station des surfaces autonettoyantes, un matériau innovant sur lequel les bactéries sont censées ne pas adhérer, et qu'il va tester pour la première fois dans l'espace.

Pour mener ces expériences, l'astronaute a besoin d'utiliser du matériel, rangé dans les innombrables compartiments disposés dans toutes les cloisons de l'ISS. Pour ne pas perdre trop de temps à chercher, il s'en remet au centre de contrôle, à terre, qui le guide: "tous les compartiments de rangement ont un code-barre, recensé dans une base de donnée. Quand je cherche une paire de ciseaux, je leur demande, et ils me disent très précisément où elle se trouve. C'est assez phénoménal! Et après, il faut absolument tout remettre à sa place, sinon on a vite fait de perdre ses affaires!"

Running à l'horizontale

Du temps, les passagers de l'ISS en consacrent également aux exercices sportifs... adaptés à l'impesanteur: " On court sur un tapis roulant, mais qui est situé sur un mur, donc on court à l'horizontale!", s'amuse Thomas Pesquet. "On soulève aussi des poids, mais les poids sont remplacés par un système d'air sous pression. Donc on fait tout ça, c'est obligatoire parce que sinon dans l'espace on perd vite de la masse musculaire et on perd la forme."

Le reste du temps, "je dors comme un bébé, c'est super agréable, on dort en flottant", indique Thomas Pesquet.

Les dates-clés de l'astronaute français Thomas Pesquet
Les dates-clés de l'astronaute français Thomas Pesquet © AFP / Alain BOMMENEL Sabrina BLANCHARD
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