Opération d'injection Intra cytoplasmique de spermatozoïde
Opération d'injection Intra cytoplasmique de spermatozoïde © MaxPPP/Le Courrier Picard/Fred Haslin

Le Parlement britannique a autorisé ce mardi une nouvelle technique. Elle permet de remplacer la partie défectueuse d'un ovocyte par le matériel génétique d'une autre femme afin d'éviter la transmission de maladies graves à l'enfant.

Pour concevoir des bébés sains, faut-il autoriser le recours à trois ADN différents, donc à trois parents biologiques ? Oui, pour les députés britanniques qui ont tranché en faveur de cette première scientifique et éthique.

La nouvelle technique permet de remplacer les mitochondries défectueuses de l’ovocyte de la mère par les mêmes, mais saines, issues de l'ovule d'une donneuse. Ce remplacement n'affecte pas les caractéristiques physiques de l'enfant, contenues dans le noyau de l’ovocyte. Après fécondation par un spermatozoïde du père, l’ovule est ensuite implanté dans l’utérus de la mère.

Le débat a commencé en Grande-Bretagne autour du cas de Sharon Bernardi

Cette mère de famille a vu ses six enfants mourir parce qu'elle leur transmet une maladie - dont elle est porteuse mais non atteinte - et qui est contenue dans ses mitochondries. C’est pour éviter cette transmission que des scientifiques d'un laboratoire de Newcastle ont mis au point la technique et espèrent maintenant obtenir l'autorisation d'effectuer la première. Sharon Bernardi, qui milite depuis des années pour cette technique, se défend de vouloir créer des enfants sur mesure.

Les explications de Franck Mathevon à Londres

Un projet controversé

En Grande-Bretagne, le projet est controversé. Si certains y voient une avancée médicale majeure, d'autres craignent que cela aboutisse à une forme de sélection des bébés. L'église d'Angleterre y est farouchement opposée. Mais les députés ont finalement voté pour.

Les scientifiques - notamment français - soulignent le manque de recul sur les risques encourus et font remarquer que des techniques alternatives existent : un diagnostic préimplantatoire, dans le cas d'une FIV, pour n'implanter que des embryons sains ou le don d'ovocyte complet, même s'il ne permet pas la transmission des chromosomes de la mère à l'enfant.

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