Pour la première fois, les fabricants de bio-alternatives aux pesticides et aux antibiotiques se réunissent pour tenter de consolider cette filière d'avenir, sous l'impulsion du ministre de l'Agriculture.

Champ de maïs
Champ de maïs © CC Claude Fabry

Le forum Biocontrôle qui se tient mardi à Paris, à la cité des sciences et de l'industrie, veut inciter les agriculteurs à mettre fin au tout chimique et à utiliser des techniques agronomiques et des méthodes naturelles pour produire au moins autant avec moins (moins d'eau, moins de pesticides, moins d'énergie...).

Stéphane Le Foll, qui a fait de l'agro-écologie son grand projet, explique que l’INRA, l'Institut de recherche agronomique, sera présent pour montrer "des résultats concrets" et dissiper "les doutes" du monde agricole autour de ces solutions.

Pour réduire l'usage de produits chimiques (pesticides, herbicides, fongicides) et doper les productions végétales, les agriculteurs ou les collectivités peuvent avoir recours à des produits naturels dits de biocontrôle.

Le bio-contrôle utilise la nature pour protéger les cultures des parasites

Loin du purin d'ortie, il s'agit de solutions difficiles à produire et à utiliser, comme des champignons, des insectes (les coccinelles mangent les pucerons, le trichogramme lutte contre la pyrale du maïs...), des bactéries ou des phéromones.

Les explications de Nathalie Fontrel

Les entreprises françaises de biocontrôle font l'objet de convoitises

L'objectif du gouvernement est clair : réussir à bâtir "des géants du biocontrôle face aux géants de la chimie" et préserver le savoir-faire français des 70 entreprises qui travaillent sur le sujet, dont une majorité de PME. Des sociétés, extrêmement innovantes, convoitées par les grands groupes d'agrochimie, notamment étrangers.

Aujourd'hui, le biocontrôle représente seulement 5% du marché de la protection des plantes en France. Mais les industriels veulent conquérir 15% du marché en trois ans en encourageant agriculteurs et collectivités à délaisser les produits chimiques au profit des produits naturels pour protéger jardins et cultures.

L'usage des produits phytosanitaires a baissé de près de 6% en France entre 2011 et 2012, un résultat encourageant mais loin des objectifs initiaux du plan Ecophyto, lancé en 2008 après le Grenelle de l'Environnement, qui visait une réduction de moitié de l'usage des pesticides d'ici 2018.

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