Une fusée Vega devrait, depuis Kourou en Guyane, lancer dans la nuit de lundi à mardi le satellite Sentinel-2B pour le programme européen d'Observation de la Terre "Copernicus".

Vue d'artiste de la séparation entre la fusée Vega et le satellite Sentinel 2B
Vue d'artiste de la séparation entre la fusée Vega et le satellite Sentinel 2B © ESA–Jacky Huart, 2017

Après Sentinel-1A, Sentinel-2A et Sentinel-1B, c'est le dernier rejeton de la famille, Sentinel-2B, qui doit rejoindre son orbite à l'occasion du neuvième tir avec le lanceur léger Vega depuis le début de son exploitation au Centre spatial de Kourou en 2012.

Au menu du programme Copernicus, l'observation et la surveillance de la Terre, à laquelle Sentinel-2B et son jumeau Sentinel-1B vont contribuer en se focalisant sur le contrôle des terres émergées, des grandes îles et des eaux intérieures et côtières.

Ils parcourront l’ensemble de la Terre en cinq jours, collectant des données sur la végétation, les forêts, la nature des sols et des habitats. La mission fournira notamment des informations utiles pour les pratiques agricoles, qui aident à gérer la sécurité alimentaire.

Copernicus, un outil de décision

Copernicus est une initiative conjointe de l'Agence spatiale européenne (ESA) et, au travers de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), de l'Union européenne, qui vise à doter l'Europe d'une capacité opérationnelle et autonome d'observation de la Terre en tant que "services d’intérêt général européen, à accès libre, plein et entier".

Munis des données relevées, les décideurs et élus peuvent préparer les législations nationales, européennes et internationales relatives à l'environnement, au changement climatique, au droit maritime, et vérifier la bonne application de ces législations. La France s'y associe notamment via le "plan d’applications satellitaires" du ministère du Développement durable, décidé en 2011.

Les 6 domaines de surveillance du programme Copernicus
Les 6 domaines de surveillance du programme Copernicus © Copernicus.eu / cs

Corpernicus fournit ainsi des services très prècis :

• geoland2 pour connaître l'utilisation du sol, la qualité et la disponibilité de l'eau, l'aménagement du territoire, la gestion des forêts, le stockage du carbone.

• MyOcean pour la sécurité maritime, la prévention des marées noires, la gestion des ressources marines, le changement climatique, la surveillance des banquises, la pollution de l'eau.

• Safer pour la protection civile, l'aide humanitaire et la gestion des crises menaçant la sécurité des biens et des personnes.

• G-Mosaic pour la surveillance maritime, la surveillance des infrastructures critiques et le soutien aux opérations de maintien de la paix.

• Prev'Air16, service gratuit couvrant tout le continent européen avec une précision inégalée, permettant à tout citoyen d'être informé de la qualité de l’air qu’il va respirer durant les trois prochains jours.

Les dernières informations livrées par un satellite du programme Copernicus concernaient le climat et montraient que la température mondiale de 2016 a dépassé 14,8 °C, étant ainsi supérieure d'environ 1,3 °C aux moyennes typiques de la moitié du XVIIIe siècle. 2016, selon les datas recueillies, a été près de 0,2 °C plus chaude que 2015, qui détenait jusqu'à maintenant le record en la matière.

Sentinelles, la flotte d'observateurs

L'Agence spatiale européenne est chargée de développer et de livrer l’infrastructure spatiale permettant de répondre aux besoins de Copernicus. Ce sont les satellites Sentinelles, chacun étant conçues pour des missions de mesures et de surveillance particulière.

La flotte des satellites de la mission Copernicus
La flotte des satellites de la mission Copernicus © CS
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