Le moustique
Le moustique © Radio France / F.Lamiot, Wikimedia

Le paludisme va-t-il rejoindre la peste ou le typhus au Panthéon des maladies oubliées ? On n'en est pas encore là mais des chercheurs américains ont annoncé avoir obtenu de très bons résultats avec un vaccin, efficace dans la majorité des cas.

Neuf patients ont reçu l'injection la plus forte. Six seraient désormais imunisés à 100% contre le paludisme. Des chiffres qui redonnent espoir face à la maladie, qui tue près de 600.000 personnes chaque année, en particulier en Afrique subsaharienne.

Le vaccin a été fabriqué à partir d'un grand nombre de parasites affaiblis, justement responsables du paludisme. La maladie est transmis par un moustique femelle, l'Anophèle. 40 personnes de 20 à 44 ans ont participé à cette campagne d'essais sans précédent.

Bien que nous soyons encore aux premiers stades du développement, nous pensons que ce vaccin permettra d'éliminer le paludisme

Stephen Hoffman, PDG de Sanaria, le laboratoire à l'origine de ce projet, est enthousiaste. "Les scientifiques s'efforcent de produire un vaccin anti-paludéen depuis 30 ans et maintenant ces résultats montrent que nous avons un vaccin sûr, injectable et qui peut sauver des millions de vies".

On est encore loin de vaccinations massives

Il reste toutefois beaucoup à faire avant d'arriver à un vaccin pour tous : pour l'instant il n'a fonctionné que sur un petit nombre de sujets. "On doit aussi démontrer que cette immunisation est durable et qu'elle est efficace", précise le Dr Anthony Fauci, directeur du NIAD (l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses).

Pour le Dr Dominique Mazier, spécialiste française du paludisme, ce premier succès doit être salué, malgré quelques réserves... Elle répond à Antoine Giniaux.

La production à grande échelle de ce vaccin risque aussi d'être coûteuse et problématique. Il faudra notamment accélérer le processus d'extraction des parasites des glandes salivaires des moustiques : aujourd'hui, il faut 12 à 15 techniciens pour disséquer 150 insectes par heure. Le processus devrait bientôt être automatisé.

Le vaccin doit aussi à tout prix être conservé dans de l'azote liquide, ce qui risque d'être compliqué à assurer dans les pays les plus pauvres (qui sont aussi les plus touchés).

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