En septembre dernier, plusieurs services d'un hôpital public de Johannesburg avaient dû fermer après la mort de six nouveau-nés victimes d'une infection rare causée par la bactérie Klebsiella pneumoniae. Une bactérie résistante aux antibiotiques usuels, et qui serait en train de se propager dans les hôpitaux d'Europe.

Naturellement présente dans certains organes, la bactérie Klebsiella pneumoniae peut s'avérer très dangereuse lorsque qu'elle pénètre dans le sang ou les voies respiratoires
Naturellement présente dans certains organes, la bactérie Klebsiella pneumoniae peut s'avérer très dangereuse lorsque qu'elle pénètre dans le sang ou les voies respiratoires © AFP / KKO / Science Photo Library

Ça ne se passe pas qu'en Afrique : d'après un article assez alarmant, qui vient d'être publié dans la revue Nature Microbiology, la bactérie tueuse Klebsiella pneumoniae serait en train de se propager dans les hôpitaux européens.

On la croise de plus en plus souvent et elle tue de plus en plus de monde. 2 094 personnes sont mortes à cause de cette bactérie en 2015 contre seulement 341 en 2007. De quoi justifier son classement par l'OMS dans la liste des agents pathogènes prioritaires résistants aux antibiotiques. 

Inoffensive dans l'intestin, Klebsiella pneumoniae devient dangereuse lorsque qu'elle pénètre dans le sang ou les voies respiratoires. Elle peut alors provoquer des infections, comme des méningites. 

On dépiste les patients qui ont été hospitalisé dans un pays du sud

Dans les hôpitaux français, on la connait bien, et on s'en protège très vigoureusement depuis quelques années, comme l'explique le Professeur Jean-Christophe Lucet, il est chargé de la prévention des infections à l'hôpital Bichât à Paris : "Chaque fois qu'un patient est rapatrié dans nos hôpitaux après avoir été hospitalisé quelques jours dans un pays du sud, que ce soit le continent indien, l'Asie du Sud-Est, l'Afrique du Nord ou l'Afrique subsaharienne, il y a une politique de dépistage, c'est à dire que le patient est placé en isolement, dès son arrivée, pour rechercher au niveau digestif si ces bactéries sont présentes."

Les enfants, les personnes âgées et immunodéprimées, celles qui sont en réanimation par exemple sont les plus à risques d'être infectés. La bactérie, qui a muté au fil des ans, est très surveillée en France et en Europe depuis 2005. 

En 2011 déjà elle avait fait parler d'elle, en France : trois patients étaient décédés dans la région parisienne, infectés par une patiente qui rentrait d'un voyage en Grèce.

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