Et si les scientifiques avaient trouvé la solution pour dépolluer les océans ? Des chercheurs britanniques et américains ont créé une enzyme qui dégrade le plastique. Leurs résultats on été publiés lundi soir dans les comptes rendus de l'Académie américaine des sciences.

Une mer de bouteilles et plastiques divers. Des détritus pour lesquels une enzyme dévoreuse de plastique pourrait être précieuse
Une mer de bouteilles et plastiques divers. Des détritus pour lesquels une enzyme dévoreuse de plastique pourrait être précieuse © AFP / Joseph EID

La création de ces scientifiques de l'université britannique de Portsmouth et du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère de l'Energie américain est un "coup de bol", ils y sont arrivés par hasard. Au départ, les chercheurs travaillent sur une bactérie  découverte dans une décharge japonaise il y a deux ans : Ideonella sakaiensis. Elle se nourrit exclusivement d'un type de plastique : le polytéréphtalate d'éthylènele, également appelé PET, utilisé pour fabriquer des bouteilles ou des emballage. 

Les chercheurs veulent comprendre le fonctionnement d'une de ses enzymes. Mais à force de manipulation et de modélisation 3D, ils créent, sans le faire exprès, un mutant : une enzyme beaucoup plus efficace, expliquent-ils, pour dégrader le PET. 

Nouvelles solutions

Une découverte qui permet à François Galgani, spécialiste des plastiques à l'Institut de recherche pour l'exploitation de la mer, d'envisager de nouvelles solutions : "Actuellement, on pense prévention, avec l'interdiction des sacs plastiques et autres. Il y a une autre solution qui apparaît avec des outils moléculaires qui seront peut-être un jour mis à disposition. C’est dans esprit-là qu'il faut percevoir la nouvelle."

Les auteurs de l'étude veulent croire à la possibilité d'améliorer leur enzyme mutant pour pouvoir l'utiliser un jour dans un processus industriel. 

On en est quand même encore loin, pour Jean-François Ghiglione, chercheur au CNRS : "Il faut relativiser le travail qui a été fait : c’est un travail qui permet l'avancée de la compréhension des mécanismes, mais il ne faut pas imaginer pour autant qu'on peut continuer à rejeter des bouteilles en plastique dans l'océan car, dans le milieu naturel, les bactéries ne sont pas capables de dégrader le plastique."

Mais plus on sera capable de comprendre les mécanismes de dégradation du plastique, plus on pourra espérer avancer et il y a urgence : aujourd'hui, plus de 8 millions de tonnes de plastiques terminent chaque année dans les océans.

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