Des chercheurs ont montré les capacités isolantes des forêts, sous lesquelles la température est inférieure de plusieurs degrés à celle mesurée dans les plaines. Ils appellent à renforcer leur protection, car les forêts semblent essentielles pour aider la faune et à la flore à survivre à la hausse des températures.

En forêt, les températures maximales sont en moyenne 4°C moins élevées qu'en plaine. Une propriété d'isolant thermique encore plus forte sous les forêts tropicales.
En forêt, les températures maximales sont en moyenne 4°C moins élevées qu'en plaine. Une propriété d'isolant thermique encore plus forte sous les forêts tropicales. © Getty / Roberto Machado Noa

On connaissait le rôle de la forêt dans la captation du dioxyde de carbone et sa transformation en dioxygène. Moins, peut-être, ses propriétés thermiques. Une équipe internationale de chercheurs a démontré que les forêts agissent comme un isolant thermique global sur la planète.

Les résultats de leur étude, la première d'une telle ampleur, est publiée dans la revue Nature Ecology and Evolution. Ils s'appuient sur les données relevées dans une centaine de forêts à travers le monde. Il en résulte que la température maximale des forêts est, en moyenne, 4°C plus basse que celle mesurée à l'extérieure de celles-ci. Un effet "tampon" qui n'est pas le même partout dans le monde.

Des forêts tropicales surperformantes

"Les écarts sont beaucoup plus importants pour les forêts tropicales" explique Jonathan Lenoir, chargé de recherche au CNRS à l'université de Picardie. Cela s'explique en partie grâce à la taille des arbres, dont la cime peut atteindre 80 mètres de haut contre 30 mètres dans nos forêts tempérées, voire moins pour les forêts boréales, mais aussi grâce à la largeur des feuilles : "C'est comme si on imaginait la forêt comme une couverture isolante, plus la couche est importante plus l'effet est intéressant en terme d'isolation thermique."

À partir de ces recherches , les auteurs de l'étude plaident pour renforcer la protection des forêts tropicales. Grâce à leurs propriétés thermiques, elles permettent de stabiliser la température, en maintenant de la fraîcheur sous la canopée mais aussi en aidant les organismes vivants qui évoluent à l'extérieur de la forêt et tirent eux-aussi profit de l'effet isolant des forêts. Elles sont donc essentielles pour protéger la biodiversité face au réchauffement climatique. "Il y a toute une flore et une faune qui dépendent de cet habitat, rappelle Jonathan Lenoir. Si on enlève ce filtre, ces organismes ne pourront pas survivre et, à l'extérieur, les organismes vivants ne pourront peut-être pas supporter ces fluctuations de température."

Y a-t-il aussi un réchauffement dans les forêts ?

Il ne faut toutefois pas considérer les forêts comme la solution principale pour atténuer le réchauffement climatique. Si la recherche a démontré qu'en montagne, les effets du réchauffement sont deux fois plus prononcés qu'en plaines, la question reste entière pour les forêts. "On ne sait pas si, à long terme, les températures ne se réchauffent pas aussi sous les forêts" complète le chercheur, qui regrette l'absence de dispositif de suivi de l'évolution du climat sous les forêts.

Une question qui reste à étudier en plaçant de nouveaux capteurs météorologiques à l'intérieur des forêts pour mieux mesurer les variations de température, notamment. Car aujourd'hui, tous les relevés météo se font en dehors des forêts.

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