Ce mardi matin, la sonde américaine New Horizons survolera un astéroïde de la ceinture de Kuiper, au delà de l'orbite de Pluton. Jamais un objet si lointain dans notre système solaire n'avait été visité par une sonde. Même furtif, le passage permettra d'obtenir des données essentielles pour les astrophysiciens.

Vue d'artiste du survol de Ultima Thulé par la sonde New Horizons
Vue d'artiste du survol de Ultima Thulé par la sonde New Horizons © NASA/JHUAPL/SwRI

De ce petit corps glacé situé à plus de 6 milliards et demi de kilomètres, les astronomes n'ont qu'une idée approximative. Repéré par le télescope Hubble en 2014, Ultima Thulé est un astéroïde situé dans la ceinture de Kuiper. Un objet glacé, très sombre, à la forme allongée et qui ferait 10 fois la taille de la comète Tchuryumov-Guerasimenko étudiée par Rosetta.

Un survol opportuniste

La sonde New Horizons qui doit le survoler profite d'un effet d'aubaine. Lancée le 19 janvier 2006, elle a rempli sa mission il y a trois ans en survolant Pluton, une planète naine, autrefois classée neuvième planète du système solaire. Les images et les données qu'elle a envoyées ne cessent d'étonner les scientifiques par leur qualité et la variété de paysage qu'elles révèlent. Plaine glacée, montagnes géantes, écoulements.... Il était pour la NASA impossible de ne pas profiter du long voyage pour assigner un autre objectif à cette mission. "On a cherché au delà de Pluton un objet accessible sur sa route dans la ceinture de Kuiper" explique Patrick Michel, astrophysicien à l'Observatoire de la Côte d'Azur. Au fond, peu importait la cible. Jamais aucune sonde n'a survolé l'un de ces petits corps glacés qui orbitent sans jamais se rapprocher du soleil et qui ne dégazent pas comme les comètes. "Ces astéroïdes ne sont pas actifs. Ils n'ont pas subi de processus d'échauffement à la surface comme les comètes" ajoute Patrick Michel. D'où leur intérêt. Toute information est bonne à prendre, à commencer par l'aspect de sa surface. 

Des images qui valent de l'or

Sur la base des observations actuelles, Ultima Thulé semble composé de deux morceaux de roche. Il ne renvoie que 4% de la lumière du soleil, autrement dit, les images pourraient être très sombres. Mais "toute image vaut de l'or" pour Patrick Michel impatient de découvrir la morphologie du sol, d'éventuels cratères, réponse aux impacts subis. 

Les astéroïdes de ce type constituent les restes de la constitution des planètes géantes, parce qu'ils n'ont guère évolué, ils sont les vestiges des premières étapes de la formation du système solaire. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.