Mercredi, un réseau international de radiotélescopes a annoncé une conférence de presse événementielle. Pour la première fois, elle devrait dévoiler une image directe de ce qu'est un trou noir.

Un véritable trou noir ressemble-t-il à cette vue d'artiste ? Nous le saurons certainement mercredi.
Un véritable trou noir ressemble-t-il à cette vue d'artiste ? Nous le saurons certainement mercredi. © AFP / ESA

Le doute n'est plus vraiment permis depuis que le réseau international de radiotélescopes EHT a annoncé une conférence de presse simultanée dans six lieux du globe dont Bruxelles, Santiago et Washington. Elle aura lieu mercredi et devrait offrir la première preuve par l'observation de l'existence des trous noirs. 

Qu'est-ce qu'un trou noir ? On ne le sait pas vraiment, mais ce qui est presque certain c'est que ce n'est pas un trou à proprement parler. Le trou noir est un objet céleste extrêmement massif et donc vorace : sa gravité est si forte qu'il "avale" toute matière qui passe à proximité... et toute lumière aussi. 

Observer un objet impossible à voir

Jusqu'ici, les astrophysiciens n'ont récolté que des preuves indirectes de leur existence. Et si solides soient-elles, ces preuves ne seront rien, comparées à une image. Mais il a fallu trouver une solution : "Par définition, on ne pourra jamais voir un trou noir car rien ne peut s'en échapper, ni matière, ni lumière, et ce quelle que soit la longueur d'onde", explique Frédéric Gueth, chercheur au CNRS et directeur adjoint de l'IRAM, l'institut de radioastronomie millimétrique. 

"Il est donc impossible de le voir. Mais l'idée c'est de le voir par contraste, en l'observant sur un fond brillant. On devrait voir apparaître une zone où il n'y a rien. Ce qui a été utilisé, c'est donc l'ombre du trou noir qu'on projette sur le fond plus brillant."

Huit radiotélescopes mobilisés

Pour y parvenir, huit radiotélescopes répartis sur la Terre ont été mis en réseau. Leurs données conjuguées et traitées doivent permettre de voir ces objets si lointains. En 2017, tous ensemble, ils ont regardé deux cibles. D'abord le trou noir massif situé au cœur de notre galaxie, à 26 000 années-lumière de nous, ensuite celui de la galaxie M87, beaucoup plus lointain, à 53 millions d'années-lumières. Après deux ans, quelle image va t-on découvrir ? Auréolée, comme le prédit la théorie ? En tous cas, auréolée de mystère jusqu'à mercredi après midi.

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