Pour le moment les vaccins ont une longueur d'avance, mais gare à ne pas se laisser distancer par les variants qui pourraient briser l'immunité générée par la campagne vaccinale.

Face aux variants, il faudra sans doute adapter les vaccins aujourd'hui utilisés.
Face aux variants, il faudra sans doute adapter les vaccins aujourd'hui utilisés. © AFP / Hans Lucas / David Himbert

Suivre la progression des variants est un élément primordial pour pouvoir adapter les vaccins. Il faut les repérer tôt, les surveiller étroitement. C'est le seul moyen d'éviter un échappement vaccinal, comme l'a récemment souligné le conseil scientifique dans son dernier avis. Ce travail essentiel commence par un "séquençage" régulier des tests virologiques. 

Aujourd'hui, en France, 5 000 à 6 000 séquençages sont pratiqués chaque semaine avec une technique qui permet de connaitre l'ensemble du code génétique de tous les virus. On peut donc classer les variants connus, les nouveaux et surtout à quelle vitesse progressent les mutations. 

Le variant anglais toujours majoritaire 

Jean-Michel Pawlotsky, virologue au CHU Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), assiste à cette bataille des variants : "Il y a une mutation, en position 484, qui augmente doucement et qui est présente dans les variants sud-africains et dans le variant brésilien, mais ces deux variants restent minoritaires", précise-t-il. "On est à 90% de variant anglais sur le territoire national, très majoritaire, 7% de variant sud-africain et, selon la dernière enquête flash, on a 0,4% de brésilien – ça reste stable – et puis des variants présents à 0,2 ou 0,3 %."

Les données publiques de ces sept derniers jours, fournies par Santé publique France, indiquent des proportions similaires avec un variant britannique largement présent :  

Mais la crainte exprimée par les spécialistes est celle d'une baisse d'immunité face à ces variants ou à d'autres qui peuvent arriver. Il faudra sans doute modifier les vaccins actuels, chose à laquelle les laboratoires se préparent. 

Adapter les vaccins existants 

"Soit le vaccin changera complètement, il faudra vacciner avec un vaccin pour un variant de type sud-africain, soit on va évoluer comme pour le vaccin antigrippal, c'est à dire qu'on maintiendra le vaccin historique et on incorporera le nouveau vaccin dirigé contre cette catégorie de variants sud-africain, brésilien, indien. Une seule stratégie vaccinale sera suffisante", estime Brigitte Autran, immunologue et membre du comité sur les vaccins. 

Sur ces trois variants identifiés, les principaux laboratoires ont déjà lancé des essais et, là encore, les Vaccins ARN, déployés par Pfizer/BioNTech ou Moderna, semblent apporter une meilleure réponse.