François Lasserre est président de l’OPIE (Office pour les insectes et leur environnement). Il était l'invité de l'émission Grand bien vous fasse avec Daniel Fievet. Il vient de publier « Sauvons les insectes » chez Rustica. Pour l'entomologiste, il y a trop d’idées reçues sur ces petites bêtes, qu'il faut réhabiliter.

Vive les insectes. Ici un papillon Belle-dame
Vive les insectes. Ici un papillon Belle-dame © Getty / Caroline Gauvin

François Lasserre : "Quand je demande aux gens quels sont les insectes qui les embêtent, ils me répondent : les moustiques, les guêpes, les taons etc… Et en général, on me cite entre 20 et 30 espèces. 

Or en France, il y a environ 50 000 espèces d’insectes !

Donc quelque 49 980 espèces pâtissent de l’image donnée par un tout petit groupe. La majorité des insectes sont plutôt bienveillants à notre égard. Et ils nous permettent de mieux vivre. D'ailleurs, parmi les espèces qui nous ennuient, tous les moustiques, ni toutes les guêpes ne sont en cause, mais seulement quelques individus parmi eux…

Nous avons tendance à ne voir que les défauts d’une espèce. Certes, certains frelons mangent des abeilles, mais ils sont d’excellent régulateurs d’autres espèces - les guêpes, les mouches. 

Si vous regardiez de plus près les insectes, vous seriez éberlués par leur capacité

On parle souvent du Monarque qui va du Canada au Mexique, mais en Europe nous avons un papillon qui en fait autant. La Belle-Dame peut faire le voyage du Sénégal à la France. Chaque année il y a beaucoup de papillons dans nos jardins qui arrivent d’Afrique. 

On s’émerveille devant les jolies coccinelles ou libellules, mais beaucoup moins devant des blattes ! Comme elles vivent dans le sol, elles ont développé au cours de leur évolution ces « cerques », plein de poils sensoriels qui l’informent de choses avant qu’elles ne les aient vus. C’est pour cela que les blattes sont difficiles à capturer : en s’approchant d’elles, on crée un courant d’air qui déplace les poils de l’arrière de leurs cerques… Et comme elle courent très vite...

Les insectes ont vraiment diminué mais on peut les aider

Dans les pays industrialisés où l'agriculture est trop intensive, les insectes ont diminué de 30%. C’est pourquoi il faut leur accorder du temps et de l’espace. 

  • Comme on occupe trop d’espace, on peut en tant que particulier ou professionnel leur laisser de la place dans son jardin… 10% ou 20% d'un terrain qu’on ne touche pas, cela fait des herbes folles pour accueillir les papillons. L’impact global des hôtels à insectes (des petits refuges en bois) est léger, mais philosophiquement, c’est très positif : on accueille à nouveau les insectes. C’est une première étape. 
  • On peut profiter du temps du confinement pour aider les scientifiques à mieux les connaitre. Pour cela, il faut observer les insectes de son environnement, dans son jardin. Puis les prendre en photo. Ensuite les envoyer au Museum d’Histoire Naturelle  Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs (SPIPOLL). Des scientifiques vous diront ce que c'est. Vous apprendrez plein de choses et vos données serviront au Muséum et à l'OPIE à mieux connaitre la vie des insectes pollinisateurs" 

ECOUTER Grand bien vous fasse sur les insectes

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.